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Fredette ne ferait pas de mal à une mouche, selon ses parents

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Poli, sensible, défenseur des plus faibles, qui ne ferait pas de mal à une mouche : tel est le portrait que les parents d’Ugo Fredette dressent de leur fils. 

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Claudette Blouin et Michel Fredette ont écrit une lettre à la juge Myriam Lachance pour « mieux le présenter à sa juste valeur ».

Le document de deux pages a été déposé dans le cadre des représentations sur sentence du meurtrier, qui se déroulent cette semaine au palais de justice de Saint-Jérôme.

Ugo Fredette a été condamné à la prison à vie pour avoir assassiné sa conjointe Véronique Barbe et Yvon Lacasse, un aîné dont il a volé la voiture.

Les deux homicides ont été commis le même jour, le 14 septembre 2017, respectivement à Saint-Eustache et à Lachute, dans les Laurentides.

Il ne reste qu’à déterminer s’il devra purger un minimum de 25 ou 50 ans avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

Depuis 2011, les juges de la Cour supérieure peuvent ordonner aux tueurs de purger des peines minimales consécutives correspondant au nombre de victimes. 

« Condamnation à mort »  

Dans leur lettre, les parents de Fredette implorent la magistrate de donner « un espoir de vivre » à leur fils.

« Les peines consécutives sont comme une condamnation à mort sans aucune aide de guérison, de réparation et de réinsertion sociale », écrivent-ils. 

Mme Blouin et M. Fredette « lancent un cri du cœur » à la juge Lachance afin qu’elle allège la peine du meurtrier, même s’il fait partie des « personnes les plus honnies de la société ». 

Ils décrivent Ugo Fredette comme un enfant facile, qui réussissait bien à l’école, qui n’a jamais consommé de drogue et qui était très doué dans les sports.

Ami des animaux  

« Ugo a toujours aimé la nature et était attiré par tous les animaux. Il était plutôt du genre à sortir un insecte à l’extérieur et disait que chacun avait son rôle à jouer dans la nature, dont il prenait un grand soin également », détaillent-ils.

Et le meurtrier ne tolère pas les injustices, continuent-ils.

Même si un jury l’a déclaré coupable de deux meurtres prémédités, Fredette se considère d’ailleurs toujours lui-même comme une victime, a témoigné le Dr Gilles Chamberland hier. 

Lorsqu’il rencontre des difficultés en détention, « il rejette la faute sur des tiers, il remet en doute les compétences et l’impartialité des intervenants », a souligné le psychiatre, qui a évalué le tueur.

Père violent  

Dans son rapport, l’expert de la Couronne a également noté ceci : « Selon [Fredette], la responsabilité de ses gestes récents ayant entraîné deux décès est à partager entre lui et ses victimes, puisqu’il s’est senti menacé par leurs actions. On note également que Monsieur explique sa dynamique de violence conjugale par le fait que son père aurait été un homme violent (ce qui n’est pas corroboré par la version des parents). »

Lorsqu’il a été évalué par un autre psychiatre, le Dr Pierre Gagné, Fredette est même allé plus loin en disant qu’il avait déjà vu son père étrangler sa mère que « ça dérapait toujours quand [son] père buvait ».

Le meurtrier a aussi rapporté au Dr Chamberland avoir été victime de comportements violents de la part de son père, ajoutant que cela « était justifié, puisque cela permet d’instaurer un cadre à la maison ».

Par contre, il ne semble pas avoir mentionné ce fait au psychiatre qui a témoigné pour la défense. 

« Monsieur n’a pas été victime de violence physique ou sexuelle dans son milieu familial », peut-on lire dans le rapport du Dr Louis Morissette. 

Les audiences se poursuivent jeudi.

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