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Il faudrait une tour de 1,7 km de haut pour loger les ménages à faible revenu de Montréal

Agence QMI

GEN-GROSSE-TOUR

COURTOISIE MATTHIAS MULLIE/RCLALQ

Une gigantesque tour de 566 étages culminant à 1,7 km de hauteur au centre-ville de Montréal serait nécessaire pour parvenir à héberger tous les ménages à faible revenu de l'île.

Afin de représenter visuellement la crise du logement qui secoue plus que jamais la métropole, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a diffusé, mardi, une vue d'artiste frappante d'une tour d'habitation dominant le centre-ville de Montréal.

Les caractéristiques techniques du bâtiment s'avèrent vertigineuses. D'une superficie de 19 620 mètres carrés (140 mètres de côté), l'édifice compterait un total de 11,1 millions de mètres carrés d'espaces d'habitation et d'espaces communs.

En comparaison, la Place Ville-Marie, située juste à côté sur l'image, culmine à seulement 188 mètres de haut et compte environ 2670 mètres carrés d'espaces de bureau sur chacun de ses 46 étages.

Le RCLALQ a déterminé la taille de l'édifice en se basant sur le nombre de ménages à faibles revenus que compte l'agglomération de Montréal. Selon la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), on dénombrait, en 2016, 148 085 ménages qui devaient consacrer plus de 30 % de leur revenu brut au logement. Pas moins de 28,3 % des ménages de l'agglomération de Montréal se trouvaient dans cette situation, selon la CMM.

«Avec la pandémie qui sévit, ce nombre est très certainement beaucoup plus élevé. Bon nombre de ménages ont récemment perdu leur revenu et se retrouvent aujourd’hui dans une situation économique précaire», s'est d'ailleurs inquiété l'organisme.

En calculant qu'en moyenne, les ménages comptent 2,2 personnes nécessitant 60 mètres carrés de surface habitable, le RCLALQ a estimé que près de 8,9 millions de mètres carrés seraient nécessaires pour héberger tout le monde confortablement. À cette surface s'ajoute 25 % de l'espace pour les espaces communs.

La crise du logement a fait couler beaucoup d'encre dans les derniers mois à Montréal, alors que le taux d'inoccupation des logements se trouve sous la barre de 1,5 %. Cette pénurie a pour effet de faire grimper en flèche les prix.

«Les logements encore disponibles sont soient trop chers, trop petits ou en mauvais état. La pandémie exacerbe cette crise du logement, ce qui aura des conséquences très dommageables pour les ménages à faible et modeste revenu», a dénoncé le RCLALQ en réclamant l'imposition d'une forme de contrôle des prix des loyers et la construction de plus de logements sociaux.