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La PCU pour des retraités de l’État

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Alain Rayes

Photo Chantal Poirier

Les pensionnés de l’État qui ont perdu leur boulot d’appoint en raison de la pandémie peuvent empocher la Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ par mois, malgré leur avantageuse rente de retraite.

Des rentiers de la fonction publique ont été surpris d’apprendre qu’ils avaient droit à cette aide financière d’urgence, après avoir vu un contrat de travail à la pige être suspendu à cause du coronavirus.

Vérification faite, le revenu de pension n’a aucune incidence sur l’admissibilité à la PCU, peu importe son ampleur.

« Le revenu de pension n’a pas d’incidence sur cette admissibilité-là. [...] Si des personnes ont perdu une source de revenus, elles sont éligibles parce qu’elles ont perdu un travail à cause de la COVID-19. Ce sont les critères pour tout le monde, peu importe d’où vient la pension », précise-t-on au cabinet de la ministre fédérale de l’Emploi, Carla Qualtrough.

Il peut même s’agir d’une rente de la fonction publique fédérale, provinciale ou municipale, ou même d’une pension de retraite des différents corps policiers du pays.

Plusieurs jeunes retraités de l’État ou d’ex-policiers demeurent actifs en offrant leurs services à contrat dans leur domaine d’expertise, ce qui leur permet de cumuler un revenu d’appoint à leur rente de retraite.

Évidemment, ces pensionnés doivent répondre à tous les critères qui permettent de toucher l’aide fédérale, précise l’attachée de presse Marielle Hossack.

Pour avoir droit à la PCU, il faut par exemple avoir accumulé un revenu d’au moins 5000 $ dans la dernière année. À noter : le montant de la pension ne compte pas dans le calcul de ce revenu minimum de 5000 $ des 12 derniers mois, insiste Mme Hossack.

Nuire à la relance économique

Le député conservateur Alain Rayes rappelle que la PCU a été votée pour aider les Canadiens en situation de crise.

« On se rend compte que le gouvernement a beaucoup élargi le programme, ce qui fait en sorte que même des gens qui ne sont pas en situation d’urgence à cause des effets de la COVID-19 ont accès à la mesure de la PCU », déplore-t-il, en entrevue.

Plus encore, le député de Richmond-Arthabaska et lieutenant politique pour le Québec du Parti conservateur signale que le programme d’aide mis en place par le gouvernement de Justin Trudeau nuit à la relance économique. « C’est un peu loufoque comme situation », dit-il.

Avec un taux de chômage qui frôle les 20 %, des entreprises ont de la difficulté à recruter, note M. Rayes.

« Le gouvernement met en place un programme qui incite plus à rester chez soi qu’à aller travailler, insiste l’élu conservateur. Les gens ne veulent pas travailler plus que 15 ou 20 heures par semaine, sinon ils vont être pénalisés au niveau de leur programme ». En effet, il faut avoir subi une perte de revenu et gagner moins de 1000 $ par mois (sans égard à un revenu de retraite) pour avoir droit à la PCU et la conserver.

L’avenir de la prestation

La semaine dernière, Justin Trudeau a laissé entrevoir une fois de plus la fin prochaine de la PCU.

Alors que le déconfinement s’accélère au pays et que les citoyens retrouvent peu à peu leur boulot, le premier ministre canadien a fait valoir que les gens en « auront de moins en moins besoin ».