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Les directeurs s’opposent au retour en classe des élèves en difficulté

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Les directeurs d’école s’opposent au retour en classe des élèves en difficulté, à moins de trois semaines de la fin de l’année scolaire. L’initiative n’en vaut pas la peine puisque les élèves ne seront pas au rendez-vous, affirment-ils.

En fin de journée lundi, Québec a demandé au réseau scolaire d’organiser un retour en classe pour les élèves en difficulté du secondaire, mais aussi pour les élèves du primaire dont les écoles sont fermées, comme dans la grande région de Montréal. 

Ces élèves sont invités à revenir en classe sur une base volontaire pour participer à des «camps pédagogiques» à partir de la semaine prochaine, dans des groupes comptant au maximum 10 élèves.

Cette annonce a créé la surprise dans le réseau de l’éducation. À la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, on demande même à Québec de «reconsidérer cette option».

«Sur trois semaines, est-ce qu’il y a une plus-value pédagogique pour une mise à niveau? Non, on n’y croit pas», lance son président, Nicolas Prévost.

Les directeurs d’école auraient préféré qu’une vaste opération de mise à niveau soit faite en début d’année scolaire, au mois de septembre, alors que le retour en classe sera obligatoire pour tous.

Organiser une telle opération en fin d’année scolaire ne vaut pas la peine puisque les élèves ne seront pas au rendez-vous, ajoute M. Prévost.

Dans les écoles primaires qui ont rouvert leurs portes depuis le 11 mai à l’extérieur de la grande région de Montréal, seulement 30% des élèves vulnérables sont présents, affirme M. Prévost, en se basant sur les sons de cloche obtenus auprès de plusieurs membres.

Faible taux de retour

Vendredi dernier, Québec a aussi demandé aux écoles secondaires d’organiser le retour en classe dès cette semaine des élèves du secondaire inscrits dans deux profils menant à une qualification. Il s’agit des jeunes inscrits en formation préparatoire au marché du travail et en formation de métiers semi-spécialisés. 

Or très peu de jeunes inscrits dans ces deux programmes sont de retour à l’école. «Sur un groupe de 15 jeunes, souvent on n’en retrouve que deux ou trois», affirme M. Prévost.

C’est le cas à l’école secondaire Pointe-Lévy, située sur la Rive-Sud de Québec. Sur 14 élèves inscrits en formation de métiers semi-spécialisés, seulement deux sont revenus en classe, indique le directeur, Éric Pouliot. 

«L’idée du ministre est bonne, le problème c’est le moment. Avoir eu cette idée au moment de rouvrir les écoles le 11 mai, on aurait eu le temps d’organiser quelque chose de mieux», lance-t-il, tout en ajoutant que l’objectif est «de les revoir tous à l’école».