/news/politics

Pas de racisme systématique au Québec, réitère Legault

Agence QMI

Contrairement à Justin Trudeau selon qui «la discrimination systémique» existe au Canada, François Legault affirme plutôt qu’il n’y a pas de «système [pour] discriminer» et que la grande majorité des Québécois ne sont pas racistes.

• À lire aussi: Le silence de 21 secondes de Justin Trudeau

«On a, malheureusement, au Québec, des gens qui sont racistes dans toutes les parties de notre société, puis il faut lutter contre le racisme, mais la grande majorité des Québécois ne sont pas racistes», a-t-il résumé en point de presse.

Quelques heures plus tard, au salon Bleu, les députés caquistes ont toutefois voté en faveur d’une motion de Québec solidaire demandant au gouvernement de présenter un plan de lutte au racisme.

L’instigatrice de cette motion, la co-porte-parole solidaire Manon Massé, a déploré que l'on refuse toujours de nommer le problème du racisme systémique.

«Ça fait six ans que le mot "systémique", c'est comme un oignon qu'on a au pied, personne ne veut en parler», a-t-elle imagé.

Pour François Legault, cette question doit être abordée par la pédagogie.

«Le racisme, ce n'est pas inné, ça se transmet, ça s'apprend, et il faut que l'école serve comme une partie de la solution pour lutter contre le racisme», a-t-il indiqué lors de son tour de parole pour souligner la mort de George Floyd, aux États-Unis.

Pour son homologue au fédéral, Justin Trudeau, l’enjeu du racisme est beaucoup plus large.

«Il y a de la discrimination systémique au Canada, a-t-il déclaré mardi en point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage.

«Ça veut dire que nos systèmes traitent les Canadiens d’origines diverses différemment qu’ils ne le font avec les autres», a ajouté le chef libéral dont le gouvernement a investi dans une stratégie de lutte contre le racisme de 45 millions $ jusqu'en 2022.

Quant à savoir pourquoi la fonction publique québécoise ne comptait pas plus de membres des communautés culturelles, François Legault a offert une réponse démographique.

«Un des défis qu'on a, c'est qu'il y a une bonne partie de la fonction publique qui est à Québec, dans la ville de Québec, dans notre capitale nationale. Alors, quand on regarde les minorités visibles, toutes proportions gardées, il y en a moins à Québec qu'à Montréal», a-t-il indiqué.

Selon des données de 2018, il faudrait près du double de fonctionnaires issus des communautés culturelles et des peuples autochtones pour que la fonction publique québécoise soit représentative de la société québécoise.

Les communautés culturelles et les peuples autochtones formaient alors 19,73 % de la population active au Québec. Or, ces deux mêmes groupes ne formaient que 10 % des effectifs réguliers du secteur public.

Dans la même catégorie