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Comment aider concrètement les communautés racisées?

Guillaume Cyr | 24 Heures

GEN-

STEVE MADDEN/AGENCE QMI

La lutte contre le racisme a fait les manchettes au cours des derniers jours et plusieurs personnes se demandent comment elles peuvent aider la communauté noire et les personnes racisées en faisant davantage que partager des messages sur les réseaux sociaux.

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Notamment, des milliers de Montréalais se sont rassemblés dimanche soir dans la foulée des manifestations suivant la mort de l’Afro-Américain George Floyd, tué par un policier au Minnesota la semaine dernière.

Nous avons demandé à Gabriella Kinté, propriétaire de la librairie Racines dans Montréal-Nord, et à Me Marie-Livia Beaugé, avocate et membre de l’organisme communautaire Hoodstock, de quelles façons les personnes blanches peuvent contribuer au quotidien à la lutte contre le racisme. Voici quelques pistes.

1. Écouter

Donner une visibilité et une voix aux communautés racisées, notamment en lisant des livres, en écoutant de la musique ou en regardant des films créés par et mettant en scène des personnes racisées.

«C’est important que les enfants voient des personnages qui ont une histoire et une humanité, et qui ont plusieurs nationalités. Lorsque j’étais petite, je voyais des animaux qui parlaient dans les histoires, mais il n’y avait aucun héros noir», se désole Mme Kinté, dont la librairie met à l'avant-plan les auteurs et autrices racisé(e)s.

Écouter veut aussi dire être attentif aux revendications telles qu’énoncées par les personnes, plutôt que de parler à leur place.

2. Intervenir

Prendre la parole lorsqu’on est témoin de comportements ou de propos racistes, surtout s’il s’agit de nos proches, sur qui on peut avoir une grande influence. «Il ne faut pas avoir peur d’intervenir lorsqu’on assiste à des comportements racistes, avec un ami, un collègue ou une connaissance», affirme Me Marie-Livia Beaugé, qui travaille sur un projet de clinique juridique dans Montréal-Nord pour rendre l’information plus accessible aux communautés marginalisées.

3. Sortir son porte-monnaie

Soutenir les organismes qui travaillent pour les communautés racisées en faisant des dons monétaires, mais aussi encourager les entreprises locales des communautés culturelles en y faisant des achats.

4. Militer

Écrire des lettres aux élus pour dénoncer des situations inacceptables et signer des pétitions, aimer des pages des communautés culturelles sur les réseaux sociaux afin de mieux les connaître et être au courant des enjeux qui les concernent, filmer des événements de brutalité policière si on en est témoin et les partager.

5. Embaucher

Porter une attention particulière pour engager plus de personnes compétentes des communautés racisées, surtout dans les postes de dirigeants.

Biais inconscients et racisme systémique

Lundi, le premier ministre François Legault a rejeté à nouveau l’idée qu’il y avait du racisme systémique au Québec.

Pourtant, selon Mme Kinté et Me Beaugé, le racisme est bien présent dans des structures sociétales au Québec, et il s’agit de l’un des problèmes les plus importants à aborder dans notre société.

En octobre dernier, un rapport de trois chercheurs sur les biais systémiques révélait justement qu’une personne noire avait 4,2 fois plus de chance de se faire interpeller par un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qu’une personne blanche.

On peut aussi penser aux difficultés d’accès à l’emploi ou au logement que vivent certaines personnes.

Tout le monde a des biais inconscients, soulignent Mme Kinté et Me Beaugé, et il faut apprendre à les reconnaître.

Pour en savoir plus à ce propos, il est d’ailleurs possible de faire en ligne un test sur ses propres biais inconscients, développé par des chercheurs de l’Université Harvard.  

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