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Inquiétude sur les camps pédagogiques pour élèves en difficulté

TVA Nouvelles

Le ministre de l'Éducation a causé toute une surprise en annonçant la mise en place de camps pédagogiques pour les enfants en difficulté. Dans le milieu, plusieurs croient que ce projet sent l'improvisation et qu'il sera difficile à mettre en œuvre à quelques jours d'avis.

Moins de trois semaines après avoir annoncé que les écoles resteraient fermées dans la région de Montréal, le ministre Jean-François Roberge fait volte-face. Il propose des camps pédagogiques pour élèves en difficulté, par petits groupes de 10. 

«Parler de camps ici, c'est peut-être un abus de langage, puisque pour avoir vraiment un effet sur l'apprentissage, il faudrait penser en termes d'un 6-7 ou 10 semaines d'intervention ou d'enseignement, alors qu'ici on nous parle d'un 3 semaines», affirme Mélanie Paré, professeure en psychopédagogie à l’Université de Montréal. 

L’Alliance des professeurs de Montréal croit que ce serait un coup d’épée dans l’eau. 

«Il reste trois semaines d'école, donc là, c'est beaucoup, beaucoup d'énergie à mettre pour préparer cette nouvelle chose-là pendant que là, depuis plusieurs semaines, on a des profs qui apprivoisent le télé-enseignement», explique Catherine-Beauvais St-Pierre, présidente.

L’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires craint que l’on ne perturbe ce qui vient d’être mis en place.

Ce que ça amène, c'est que les profs qui sont en suivi à distance, si on organise des camps pédagogiques à partir de la semaine prochaine, doivent cesser le suivi à distance pour la majorité de leurs élèves pour privilégier certains élèves, une dizaine», de dire Hélène Bourdages. 

À l'extérieur de Montréal, seulement 30% des élèves vulnérables sont rentrés en classe depuis le 11 mai. On craint le même phénomène avec les camps, qui seront aussi sur une base volontaire. 

Depuis que Québec a annoncé que les écoles du Grand Montréal ne rouvriraient pas avant la fin août, on a commencé le grand ménage et les travaux, qu'on fait normalement l'été. 

Le ministre doit préciser ses intentions d'ici vendredi.