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Appui aux manifestants : «Je serai le premier à mettre mon genou à terre», dit le chef du SPAL

TVA Nouvelles

Le chef du Service de police de l’arrondissement de Longueuil (SPAL), Fady Dagher, n’hésiterait pas une seconde à mettre un genou par terre en appui aux manifestants qui décrient la mort de George Floyd pendant une opération policière. 

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«Si j’ai une manifestation majeure dans ce domaine, je serai le premier à mettre mon genou à terre», affirme le numéro un du SPAL. 

Depuis le début des manifestations aux quatre coins des États-Unis, de nombreux policiers ont fait ce geste en solidarité avec les manifestants. «J’ai été très ému, dans le sens positif, de voir mes consoeurs et confrères américains démontrer leur solidarité», ajoute-t-il. 

Le chef du SPAL y voit le début d’un changement de paradigme qui pourrait remettre en question le profilage racial et la brutalité policière qui touchent de nombreux services de police. «C’est très salutaire ce qui s’en vient comme changements culturels», estime M. Dagher. 

Sur la Rive-Sud 

Mais qu’en est-il de Longueuil?, lui a demandé Paul Larocque, en entrevue à 100 % Nouvelles. «Les organisations policières sont le reflet de la société. Donc oui, il y a du profilage racial et social aussi sur la Rive-Sud, admet-il ouvertement. Ce qui est important, c’est de le reconnaître.»

Fils de parents libanais et né à Abidjan, en Côte-d’Ivoire, Fady Dagher tente de rapprocher le corps de police de Longueuil de la communauté qu’il dessert. 

Le SPAL a lancé le projet Immersion en 2020 pour que ses policiers plongent dans des réalités qu’ils connaissent peu ou mal, que ce soit auprès de communautés culturelles, de jeunes et de personnes vulnérables ou en situation d’itinérance. Les policiers y passent cinq semaines, «à temps plein, sans arme et sans uniforme».

«Il faut créer des passerelles avec les communautés», martèle le chef du SPAL, pour qui le programme est une source de fierté. 

Les caméras corporelles, une idée souvent évoquée pour éviter des bavures policières, ne lui semblent pas permettre de régler le problème à sa racine. 

«On ne peut pas compter uniquement sur une caméra pour un changement de culture. Je préfère me concentrer sur amener ma communauté policière vers la communauté qu’elle dessert», insiste-t-il. 

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