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Les Québécois n’ont qu’une vague idée d’où viendra l’argent de leur retraite

Daniel Germain | Journal de Montréal

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L’Institut sur la retraite et l’épargne (IRE) de HEC Montréal dévoile aujourd’hui les résultats d’une enquête sur la littératie financière. 

Conclusion : la vaste majorité des Québécois (et des Canadiens) n’ont qu’une vague idée d’où proviendront leurs revenus de retraite.  

Le portrait est issu d’un sondage mené en décembre auprès de 3006 Canadiens de 35 à 55 ans. Le sondage comptait 29 questions. 

On a évalué leur culture financière générale, mais plus spécifiquement leurs connaissances sur les trois piliers de notre système de retraite : les outils d’épargne personnelle (REER/CELI), les régimes publics de pension (RRQ/PSV) et les régimes de retraite d’employeur. 

Loin de la note de passage

La note moyenne chez les Québécois dépasse à peine 38 %. Les autres Canadiens ne sont pas meilleurs. Les résultats s’améliorent chez les répondants les plus âgés, chez les plus scolarisés et chez ceux dont les revenus sont les plus élevés, mais aucune de ces sous-catégories ne frôle la note de passage de 50 %. 

Bien peu de gens connaissent la différence entre les différents types de régimes de retraite d’employeur, une portion importante des futurs retraités confond toujours les caractéristiques du CELI et du REER. 

Le fonctionnement du Régime de rentes du Québec demeure nébuleux pour beaucoup de Québécois tandis que les mécanismes de la pension de la Sécurité de la vieillesse et, surtout, du Supplément de revenu garanti (SRG) semblent un mystère pour une vaste majorité de gens.

L’impact sur la retraite  

Bernard Morency, actuaire et professeur associé à HEC Montréal, se désole des résultats. 

Il est convaincu qu’une meilleure connaissance de notre système de retraite permettrait aux Québécois de mieux préparer leur retraite.

« Il y a des gens qui s’inquiètent au sujet de leur retraite et qui ne le devraient pas, mais il y a des gens qui ne s’en soucient pas et qui le devraient », dit-il.

Notre système de retraite permet aux gens à faible revenu de facilement maintenir leur niveau de vie à la retraite, fait-il remarquer. Les personnes les plus susceptibles de subir une baisse douloureuse de train de vie, selon lui, sont celles qui gagnent entre 50 000 $ et 80 000 $.

« S’ils n’ont pas de régime de retraite d’employeur et n’épargnent pas, ils vont sentir passer la baisse de leurs revenus à la retraite, ils ne la trouveront pas drôle. » Cela représente beaucoup de monde.

L’actuaire reconnaît que les sources d’information sur le système de retraite abondent. 

« Mais on voit que l’information ne se rend pas. Le meilleur moyen d’atteindre les gens, c’est de les informer dans leur milieu de travail. »


Voici les informations minimums que devraient connaître un Québécois sur notre système de retraite, selon Bernard Morency :  

-Le RRQ remplace 25 % des revenus de travail.  

-Le montant de la pension de la Sécurité de la vieillesse, 613 $/mois en 2020.  

-À partir de 40 000 $ de revenus, mieux vaut mettre un peu d’argent de côté pour la retraite. Sous ce seuil, ça ne vaut pas la peine, les régimes publics de retraite prendront le relais et compenseront en large partie.