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Plus de 72 000 personnes ont répondu à l'appel

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Le gouvernement Legault a déjà reçu plus de 72 000 inscriptions pour les 10 000 postes de préposés en CHSLD, selon les derniers chiffres communiqués par le gouvernement. Québec doit maintenant trouver le moyen de sélectionner les candidats qui auront accès à la formation rémunérée et envisage désormais d’exiger que les finissants s’engagent à travailler pendant un certain temps par la suite. 

Il s’agit d’un «heureux problème», a reconnu la ministre de la Santé, Danielle McCann. «On n'a plus de personnes qui ont répondu à l'appel qu'on pensait», dit-elle.  

Devant cet engouement, la période d’inscription se terminera vendredi prochain pour cette formation de trois mois rémunérée 760$ par semaine. Par la suite, les finissants se verront offrir un poste à 26$ de l’heure, s’ils travaillent à temps plein.  

Trois critères serviront à départager les candidats, a expliqué le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. 

«Nos critères: secondaire 3 minimum, 18 ans minimum, évidemment, pas d’antécédents judiciaires, bonne santé physique, a énuméré M. Roberge. Donc, une fois qu’on a ces critères de base, on peut être convoqués en entrevue, pour vérifier ensuite la motivation et les habiletés relationnelles.»  

Comment va-t-on évaluer la «bonne santé physique» des candidats? «Au départ, c'est un questionnaire que les gens vont devoir remplir, on va se fier à leur bonne parole. Après ça, bien, il y aura une entrevue, puis, après ça, bien, les gens vont se déplacer, puis on les verra...», a offert le ministre. 

Besoins importants  

Alors que l’idée était exclue la veille, Québec évalue maintenant la possibilité d’exiger un engagement à accepter un emploi à la suite de la formation rémunérée. «C’est certain que c’est un critère de sélection pour l’entrevue, dit M. Roberge. Est-ce qu’il pourrait y avoir, même, un engagement plus formel? Ce n’est pas exclu.» 

Le gouvernement Legault n’exclut pas non plus de recruter plus de candidats pour la formation, mais la capacité est présentement limitée par le nombre de locaux et de professeurs disponibles. 

D’ailleurs, les besoins en CHSLD sont plus grands que les 10 000 postes affichés, affirme le ministre de l’Éducation. 

Exode vers le public?  

Mais Québec solidaire et le Parti québécois s’inquiètent de voir les préposés aux bénéficiaires du privé, dont le salaire oscille entre 14$ et 17$ de l’heure, migrer en masse vers le réseau public. Déjà, de nombreux travailleurs ont quitté, soit dans l’espoir de suivre la formation rémunérée, soit pour bénéficier des primes offertes pendant la pandémie. 

«Dans ma circonscription, il y a une résidence intermédiaire dont les préposés aux bénéficiaires sont moins bien payés que cette formation-là, et il y en a déjà cinq sur 17 qui ont démissionné pour aller suivre la formation et pour aller bénéficier de ces conditions-là, desquels on se réjouit par ailleurs», a illustré le critique solidaire en matière de santé, Sol Zanetti. 

Le péquiste Harold Lebel, lui, affirme que des groupes d’économie sociale sont passé d’une centaine de travailleurs à seulement 20. 

Sans se prononcer sur un taux horaire précis, les deux partis demandent au gouvernement d’accorder des conditions similaires aux autres préposés hors CHSLD afin d’éviter un exode des travailleurs.