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Trudeau vilipendé par l’opposition pour son silence face à Trump

Émilie Bergeron | Agence QMI

Néo-démocrates et bloquistes accusent le premier ministre Trudeau d’avoir manqué de courage en maintenant le silence pendant plus de 20 secondes lorsqu’il a été appelé à commenter la menace du président américain Donald Trump d’envoyer l’armée mater les manifestations antiracisme.

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«Son silence montre de l’hypocrisie. Comment est-ce que le premier ministre peut dire aux gens de se tenir debout face à la haine tout en restant silencieux quand la haine et le racisme existent avec les propos dangereux du président Trump», a martelé mercredi le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh.

Il en a rajouté une couche en dressant un parallèle entre M. Trudeau et les enfants qui observaient en silence quand il était victime, dans sa jeunesse, d’intimidation.

«Le silence n’a pas arrêté les coups et les mots blessants. Il est d’une importance cruciale que les gens ne soient pas des témoins passifs. [...] Le Canada ne peut pas être un témoin passif», a-t-il ajouté.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet estime de son côté que M. Trudeau a soigneusement planifié sa longue pause de 21 secondes, mardi, et a manqué une occasion de faire preuve de leadership. Son silence a fait le tour des médias nationaux et a été remarqué par la presse étrangère.

«Il s’agissait de laisser entendre qu’il était très réticent à dire ce qu’il pensait pour vrai. C’est un procédé de communication d’un ancien professeur de théâtre, à mon humble avis», a-t-il lancé.

Il a du même souffle déploré le fait que le premier ministre se soit contenté de dénoncer le racisme au Canada, après son silence, plutôt que de critiquer le président Trump.

«À un moment donné, tu te fais pousser une colonne vertébrale, tu penses 15 secondes de moins, et tu dis ce qui doit être dit», a tranché M. Blanchet.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a pour sa part défendu M. Trudeau, soutenant que sa réponse avait été «éloquente» et «excellente».

Le président Trump insiste depuis plusieurs jours sur sa volonté de restaurer l'ordre face à un déferlement de colère historique dans la foulée de la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc à Minneapolis, au Minnesota. Il a menacé de déployer l'armée si les États n'en faisaient pas assez à ses yeux pour contenir les violences.

À la question d’un journaliste le pressant de commenter les agissements du locataire de la Maison-Blanche, mardi, M. Trudeau a attendu 21 secondes avant de répondre, laissant même échapper un soupir.

«Nous avons tous vu avec horreur et consternation ce qui se passe aux États-Unis. Mais il est temps pour nous, Canadiens, de reconnaître que nous aussi, nous avons nos défis», a-t-il finalement dit.

Le premier ministre n’a pas tenu de point de presse, mercredi.