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Le propriétaire du zoo Miller en a marre

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Le propriétaire du Zoo Miller, Clifford Miller, lors du tournage de l’émission Un zoo pas comme les autres en juin 2019.

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Le propriétaire du Zoo Miller, Clifford Miller, lors du tournage de l’émission Un zoo pas comme les autres en juin 2019.

Tandis que certains zoos profitent de leur volet « muséal » pour pouvoir ouvrir au même titre que les galeries d’art, d’autres sanctuaires d’animaux s’impatientent et le Zoo Miller de Beauce annonce sa réouverture, le 13 juin, même sans l’aval du gouvernement.

Comme certains restaurateurs envisagent de rouvrir leur terrasse sans avoir l’assentiment de l’État, voilà que le propriétaire du Zoo Miller en Beauce entend ouvrir ses installations sans attendre le « OK » de Québec. « On ne veut pas faire nos détestables, mais il faut ouvrir », lâche Clifford Miller.

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Ainsi, le Beauceron a fixé l’ouverture du zoo au 13 juin, même si ce type de commerce n’a jamais été inclus dans un quelconque plan de déconfinement. « On est capable de garder les gens à l’extérieur à 98 %. C’est comme si on va marcher dans un parc, plaide M. Miller, déniaisez-vous. »

Le propriétaire dit avoir tout mis en place pour s’assurer des règles sanitaires. « On a fait des “one-ways”, élargi nos sentiers », illustre-t-il. 

Deux poids, deux mesures  

M. Miller s’est montré d’autant plus excédé que trois zoos du Québec peuvent ouvrir en raison de leur statut « d’institution muséale à vocation scientifique ». « Le gouvernement a annoncé que les musées pouvaient ouvrir le 29 mai », explique Marie-Josée Bernard, directrice du Bioparc de la Gaspésie, qui va ouvrir le 22 juin. 

Même chose pour le Zoo sauvage de Saint-Félicien, qui a annoncé hier son ouverture pour le 20 juin en raison de son caractère muséal. « On a reçu la confirmation des ministères », explique la DG, Lauriane Gagnon.

Lourde perte  

Clifford Miller n’en veut pas à ses concurrents d’ouvrir, mais cache mal son irritation. « Il n’y a aucune différence, c’est jouer sur les mots », lâche-t-il. « On est régis par le même ministère de la Faune. »

Financé essentiellement par le prix d’entrée des visiteurs, le Zoo Miller fonde son modèle d’affaires sur les revenus estivaux afin « de passer à travers l’hiver ». Il en coûte jusqu’à 800 000 $ par année pour nourrir les quelque 200 bêtes du zoo de Frampton.

Déjà, la fermeture des écoles a eu un impact important pour le début de l’année. « Nous, on a perdu les groupes scolaires en mai et en juin », explique le propriétaire. 

« Faut être dans la prochaine annonce, ça prend une date », termine-t-il, en espérant pouvoir ouvrir le 13 juin sans anicroche.