/finance/homepage

Legault pose ses conditions pour une énième aide à Bombardier

Agence QMI

Pas question que les patrons de Bombardier s’offrent de juteux bonis ou des hausses de salaire si Québec en vient à accorder une énième aide financière à l’entreprise, a insisté le premier ministre, François Legault.

• À lire aussi: Eric Girard ouvre la porte à une énième aide financière pour Bombardier

• À lire aussi: Coupes chez Bombardier Aviation: une décision «incompréhensible»

• À lire aussi: Bombardier Aviation: 1500 emplois abolis au Québec

De passage en Estrie, M. Legault a durement écorché sa rivale, la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, pour sa gestion du dossier Bombardier lors du dernier mandat du Parti libéral.

Si Québec en vient à offrir une nouvelle aide financière à Bombardier, cela se ferait sous plusieurs conditions et de façon complètement différente de ce qui s’est fait à l’époque, a-t-il martelé.

«Le gouvernement du Québec [sous Philippe Couillard] a investi non pas dans l’ensemble de Bombardier [...], mais seulement dans la division de la série C. Nous, ce qu’on disait, c’est que vous auriez dû placer 1,3 milliard $ dans la compagnie mère et demander des actions et s’assurer que les dirigeants ne se paient pas des salaires complètement odieux comme on l’a vu avec M. Bellemare», a-t-il expliqué

Advenant une aide de la part du gouvernement Legault, celle-ci se ferait dans l’ensemble du groupe Bombardier et serait assujettie à des garanties sur le nombre d’emplois et sur le plafonnement de la rémunération des hauts dirigeants, a expliqué François Legault.

«Donc, limite sur les salaires, limite sur les bonis, défense de payer des dividendes, et ce genre de clauses», a-t-il énuméré.

Bombardier Aviation a annoncé vendredi matin qu'elle compte abolir près de 2500 emplois, majoritairement au Canada, en raison de la pandémie.

L’entreprise québécoise a justifié ces licenciements par la chute de la demande en avions d’affaires, puisque le secteur de l’aviation est au quasi point mort depuis mars, et par les mesures de confinements mises en place dans la plupart des pays.

Entendre Bombardier  

Les partis d’opposition ont quant à eux exigé d’entendre les dirigeants de Bombardier à l’Assemblée nationale avant que toute aide soit accordée.

«J'ai l'impression qu'on a acheté Bombardier trois fois, là, dans les dernières décennies, a lancé le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois. À la quantité d'argent public qu'on a mis là-dedans, sous prétexte qu'on allait conserver les emplois, c'est un scandale de plus qu'on apprend aujourd'hui.»

Tout comme lui, son homologue du Parti québécois, Martin Ouellet, souhaite avoir des garanties de Bombardier avant de réfléchir à injecter d’autres fonds publics dans l’entreprise.

«S'il y a une aide directe ou une aide financière qui doit être donnée à Bombardier, il faut assurément légiférer sur les bonis et s'assurer qu'il n'y ait pas d'augmentation de salaire et s'assurer qu'il n'y ait pas de boni qui soit versé», a-t-il affirmé.

Le député libéral André Fortin a dit souhaiter comprendre ce qui avait mené Bombardier à annoncer l’abolition de ces postes vendredi.

«Je pense qu'on nous doit ça du côté de Bombardier, au minimum, là, une explication sur ce qui se passe à l'intérieur de l'entreprise et les raisons pour lesquelles ils prennent cette décision-là aujourd'hui», a-t-il expliqué.

Dans la même catégorie