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Les enseignants rejettent massivement l’offre du gouvernement

Agence QMI

Photo d'archives, Agence QMI

Quatre-vingt-dix-sept pour cent des enseignants consultés par leurs syndicats ont rejeté la dernière offre du gouvernement Legault datant du 22 mai concernant le renouvellement de leur convention collective.

Selon la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et l'Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec (APEQ-QPAT), 98 % des enseignants ont par ailleurs réitéré que leur nouveau contrat de travail devrait améliorer leurs conditions de travail et leurs salaires.

Les deux syndicats ont affirmé vendredi, par communiqué, que «les porte-parole patronaux n'ont manifestement pas les mandats nécessaires pour faire avancer les discussions» aux tables de négociation.

«La proposition patronale qui nous a été présentée constitue une volte-face spectaculaire du gouvernement face à ses engagements électoraux», a dit Josée Scalabrini, présidente de la FSE-CSQ.

«Des changements de cap, des surprises et des lapins sortis du chapeau, on en a eu un lot dernièrement en lien avec la pandémie », a-t-elle poursuivi.

Mme Scalabrini estime qu’on «est loin de la priorité accordée à l'éducation qu'on nous avait promise. Les besoins et la souffrance sont dans nos établissements et centres depuis trop longtemps pour accepter qu'une entente soit réglée aux dépens des profs. Le gouvernement dit vouloir négocier, mais il doit comprendre que les enseignants ne signeront pas une entente au rabais».

En campagne électorale, la CAQ avait promis d’abolir les six premiers échelons de l’échelle salariale des enseignants afin d’augmenter leur rémunération, rappellent les syndicats.

«La seule mesure mise au jeu pour retenir les enseignantes et enseignants plus expérimentés est une augmentation salariale d'un maximum de 2,5 % aux quelque 800 profs qui pourraient acquérir le statut d'«enseignants émérites», contrairement aux augmentations de 5 % faussement véhiculées par le Conseil du trésor», écrivent les syndicats.

«Les besoins criants des enseignants qui existaient avant la pandémie ne disparaîtront pas quand ils retourneront en classe, bien au contraire», a indiqué Heidi Yetman, présidente de l'APEQ.

«De nombreux élèves, dont plusieurs en difficulté, devront faire de la mise à niveau dans une nouvelle réalité d'organisation scolaire et le travail dans la classe ne sera pas plus facile, a-t-elle ajouté. La pénurie que nous vivons est d'ailleurs la conséquence des conditions de travail particulièrement difficiles dans les écoles. On veut de vraies solutions pour les enseignants, pas une danse confuse et improvisée où le gouvernement fait un pas en avant et deux pas en arrière.»