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Trudeau n'exclut pas une prolongation de la PCU

Émilie Bergeron

Le premier ministre Justin Trudeau n’exclut pas d’offrir une forme de prolongation de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) pour les Canadiens qui auront épuisé leurs 16 semaines maximales d’admissibilité.

«On sait qu’avec les pertes d’emploi qu’on a vues, les 3 millions de Canadiens qui voudraient un emploi et qui n’en trouvent pas vont avoir besoin [de la PCU] pendant encore un bon bout de temps», a-t-il soutenu mardi en point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage, à Ottawa.

Le programme de PCU doit se terminer au début octobre, mais ceux qui touchent les prestations mensuelles de 2000 $ depuis mars n’y auront bientôt plus droit dès le début juillet. La période maximale de prestation est de 16 semaines.

M. Trudeau n’a pas spécifié quelle forme de prolongation son gouvernement considérait. Il a surtout insisté sur les besoins de modifier le programme déployé au plus fort de la crise de la COVID-19 afin qu’il réponde aux besoins actuels de la réouverture de l’économie.

«Les gens vont continuer d’avoir besoin d’aide et on va faire des annonces dans les jours à venir qui vont expliquer comment exactement on va les aider», a-t-il ajouté.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, appelle le gouvernement à étendre la PCU pour au moins quatre mois. Le leader bloquiste, Yves-François Blanchet, croit pour sa part que la mesure devrait être accessible pour plus de 16 semaines, mais de façon ciblée, aux travailleurs de secteurs «qui auront besoin d’encore plusieurs mois avant de démarrer», comme ceux du tourisme et de l’hôtellerie.

Modifications en vue   

Les libéraux de Justin Trudeau peuvent procéder par voie réglementaire s’ils décident d’aller de l’avant avec une prolongation. Dans l’intermède, ils présenteront mercredi un projet de loi changeant les critères d’accessibilité à la PCU.

Selon une ébauche de la mesure législative consultée par l’Agence QMI, on prévoit rendre inadmissible tout travailleur s’«il ne recommence pas à exercer son emploi lorsqu’il est raisonnable de le faire et lorsque son employeur le lui demande». Ceux qui déclineraient une offre de travail «raisonnable» seraient aussi exclus.

Parallèlement, les personnes admissibles pourraient demander la PCU pour des périodes de deux semaines à compter du 5 juillet, plutôt que pour des périodes de quatre semaines comme c’est présentement le cas. Une source gouvernementale a souligné que cela donnait suite à une demande du Nouveau Parti démocratique.

Or, M. Singh a vertement critiqué, mardi matin, une autre portion de l’ébauche du projet de loi qui prévoit de lourdes sanctions pour ceux qui touchent la PCU de façon frauduleuse.

On prévoit une amende maximale de 5000 dollars, en plus d’une somme pouvant atteindre le double de l’argent perçu à tort. Les contrevenants pourraient aussi s’exposer à des peines d’emprisonnement maximales de six mois.

«Je peux vous assurer que l’effet sera, si cette loi passe, qu’il y aura plus de Noirs, d’Autochtones, de personnes marginalisées et pauvres qui vont être criminalisées et finir en prison», a pesté M. Singh.

À cela, M. Trudeau a répondu que là n’était certainement pas l’intention et qu’un «système intègre» permettrait un traitement «au cas par cas».

Plus de 8 millions de Canadiens ont jusqu’à présent bénéficié de la PCU pour plus de 43 milliards $ versés en prestations. Les libéraux estiment les dépenses associées au programme à 60 milliards $.