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Fraude de la PCU: «c’était facile d’y avoir de l’abus»

TVA Nouvelles

La vulnérabilité du gouvernement devant les fraudes entourant la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a surpris les experts qui y voyaient dès le début des risques de dérapage. 

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«À mesure que le programme avançait, on regardait ça et on disait: "wow, ça c’est un risque là"», affirme Éric Parent, PDG d’Eva Technologies. 

Ce dernier comprend que les motivations qui ont poussé le gouvernement à agir aussi rapidement, mais il constate qu’«il y a quand même des choses de base qui n’ont pas été respectées». 

Avec tous les cas de vols de données qui sont survenus dans les dernières années, il était «facile d’y avoir de l’abus», affirme M. Parent. 

«Du vol d’identité, dans les dernières années, on en a eu tellement avec tellement une grande quantité de diversité des informations. Alors les numéros d’assurance sociale, les dates de naissance et toutes ces choses là, ça fait longtemps que c’est parti», dit l’expert. 

Il ajoute que «les fraudeurs se servent de ces informations-là facilement pour entrer dans des dossiers» et ainsi réclamer des PCU au nom d’une autre personne. 

Difficile d’attraper les fraudeurs 

Même si le gouvernement fédéral prépare un projet de loi prévoyant d’importantes sanctions contre ceux qui ont commis une fraude à la PCU, Éric Parent croit qu’il sera difficile de retrouver les fraudeurs.  

«Ce genre de loi là va faire peur aux petits fraudeurs, mais quelqu’un dont c’est le métier, ça ne les empêchera pas», assure-t-il. 

Le principal problème sera de retrouver les malfaiteurs qui peuvent aussi se trouver à l’étranger. 

«Il faut comprendre que pour faire cette fraude-là, quand on est équipés pour la faire, quand on a accès à l’information et qu’on a l’équipe pour le faire, qui est généralement dans un autre pays de toute façon, donc essaie de les retracer, ça va nécessiter seulement quelques heures d’ouvrage», dit-il. 

Ces fraudeurs, selon M. Parent, vont généralement déposer l’argent dans un compte bancaire canadien, puis vont le transférer dans un autre pays. 

Les banques en ligne 

Selon le PDG d’Eva Technologies, la surveillance des dossiers dont les comptes bancaires se trouvent dans des banques en ligne pourrait permettre d’empêcher certaines fraudes. 

«Ce qu’on entend présentement, c’est que ce genre de fraude passe par des banques en ligne, pas par les banques nécessairement traditionnelles. Si c’est moindrement le cas, pourquoi ne pas mettre un stop à tous les paiements qui s’en vont dans ce genre de banque-là pour qu’il y ait une enquête un par un qui soit faite?», suggère-t-il.