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Tensions entre la FIPEQ et le ministre de la Famille

TVA Nouvelles

Le torchon brûle entre la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) et le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. Au cœur du litige: la promesse du ministre de dédommager les parents qui gardent leur enfant à la maison durant la pandémie.

Ce matin, Mathieu Lacombe a déploré des manquements du côté de la fédération. «La FIPEQ a été l’élève distrait pendant le cours. La FIPEQ n’avait pas compris le calcul, et tente maintenant de faire porter le blâme au gouvernement en se montrant très agressif et en prenant les parents en otage. Ça, ce n’est pas correct parce qu’on leur a versé des dizaines de millions de dollars pour être capable de mener à bien l’opération.» 

Cette déclaration du ministre a piqué au vif la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon. En entrevue avec Lisa-Marie Blais, elle a plutôt réagi en jetant le blâme sur le gouvernement.

«On trouve ça très désolant que le ministre de la Famille décide de convoquer les journalistes pour donner son point de vue. Je vais rappeler à tous nos membres et à tous nos parents que le ministre de la Famille a promis aux parents qu’il n’y aurait pas de frais. Pour nous, c’est clair. On n’a jamais donné le mot d’ordre de facturer les parents.»

«Dans les faits, il fait porter l’odieux aux responsables en milieu familial. Ce qu’on trouve choquant, c’est que ce n’est pas lui qui paie le 8,35$ actuellement. Il a fait une promesse de ne pas payer, il va la tenir et on veut qu’il la tienne. Le problème, c’est que ce sont les responsables en milieu familial, qui gagnent à peine 12,42$ de l’heure, qui se font dire qu’ils vont encore avoir une baisse de salaire.» 

Valérie Grenon déplore que les responsables de services de garde doivent assumer les responsabilités liées à cette promesse ainsi que l'attitude du ministre à l'égard de la férération. «C’est très gratuit de sa part de nous accuser de quelque chose quand lui-même ne respecte pas ses promesses faites en conférence de presse officielle.»

Une plainte au TAT 

En fin d’après-midi, la FIPEQ a également déposé une plainte au Tribunal administratif du travail (TAT) contre le ministre et son équipe. Elle dénonce de l’ingérence et des entraves aux activités syndicales.

«Je trouve qu’il se mêle pas mal de la négo en faisant des conférences de presse, en voulant dénigrer la FIPEQ, me dénigrer comme présidente. Ce que je trouve triste, c’est le dénigrement qu’il fait auprès de ces femmes, auprès de ces responsables en services de garde en pigeant le 8,35$ promis dans leurs poches», a ajouté Valérie Grenon.