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Grabuge à Vice Québec : le chef d’Atalante acquitté

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Le leader du groupe d’extrême droite Atalante a été acquitté sur toute la ligne pour avoir causé la pagaille dans les bureaux de Vice Québec, la juge estimant qu’il n’avait fait qu’exprimer sa liberté d’expression.

«Ce jugement n’est pas une licence afin de reproduire de tels agissements, mais la ligne est parfois tenue entre incivilité et acte criminel», a commenté la juge Joëlle Roy en affirmant que Raphaël Lévesque n’avait rien fait de répréhensible, le 23 mai 2018.

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Ce jour-là, Lévesque, 36 ans, ciblait le journaliste Simon Coutu, afin de lui remettre un «prix média poubelle 2018». À l’époque, le reporter avait signé plusieurs textes concernant des groupes extrémistes, tant de gauche que de droite, dont Atalante Québec qui prône entre autres la «renaissance identitaire au Québec», selon leur page Facebook.

Avec six fiers-à-bras masqués alors que lui ne l’était pas, le groupe s’est présenté aux bureaux montréalais du média numérique avec le prix, une carte et un bouquet de fleurs.

Liberté d’expression  

Les acolytes de Lévesque sont restés en retrait et quand la réceptionniste a ouvert la porte, le groupe est entré, s’est dirigé vers le journaliste pour lui remettre le «prix». Des papiers apportés par le groupe ont été lancés dans la salle, et tant Lévesque que ses acolytes sont partis.

Accusé d’introduction par effraction, de méfait, de harcèlement et d’intimidation, Lévesque s’était défendu d’avoir eu quelconque intention criminelle. Les fleurs étaient pour montrer qu’il «venait en paix», et si ses fiers-à-bras étaient masqués, c’était parce que ces derniers craignaient des représailles face aux groupes qui critiquent le sien.

«Sa présence était légitime, il allait livrer un message», a expliqué la juge en disant que Lévesque avait tout simplement utilisé sa liberté d’expression, et en ajoutant que le tout s’était déroulé «pacifiquement, sans vulgarité».

Lévesque, qui était présent au palais de justice de Montréal ce mercredi pour le verdict, n’a pas souhaité commenter son acquittement.

La Couronne, de son côté, a déclaré qu’elle allait prendre connaissance du jugement avant de décider si elle le portera en appel.