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Réforme de l'immigration: Olymel lance un cri du cœur

TVA Nouvelles

Le géant Olymel se lève contre la nouvelle mouture du programme d'immigration des travailleurs étrangers. 

Pour cette entreprise de près de 10 000 employés au Québec, la chaîne alimentaire pourrait carrément être menacée.

Douze jours après la présentation de la nouvelle mouture du Programme de l’expérience québécoise, le PDG d'Olymel écrit que le PEQ 2.0 soulève des préoccupations sérieuses dans une lettre de neuf pages dont TVA Nouvelles a obtenu copie.

Réjean Nadeau affirme que des classes d'emplois exclues du PEQ désavantagent ce géant de l'industrie alimentaire qui embauche plus de 700 travailleurs étrangers.

«20% des candidats recrutés par Olymel se désisteront avant même leur arrivée au Québec en sachant qu'ils ne peuvent obtenir la résidence permanente et faire venir leur famille avec eux en aucun temps», affirme-t-il. 

Il souligne qu'il est illusoire de penser que la main-d’œuvre québécoise sera au rendez-vous après la crise de la COVID-19.

«Olymel constate que malgré le nombre important de candidatures reçues, peu de candidats retenus sont véritablement intéressés, et que ces derniers quittent leurs postes en grand nombre dès qu'ils obtiennent un emploi dans leur domaine professionnel», ajoute-t-on.

M. Nadeau croit que le tiers des travailleurs étrangers temporaires pourraient quitter le Québec pour d'autres provinces qui leur donneraient accès à la résidence permanente.

On écrit qu'il y a un danger pour la production. «Sans le personnel suffisant sur les lignes de production des usines comme Olymel, la production alimentaire à son niveau actuel n'est simplement pas possible», lâche M. Nadeau.

Olymel demande la mise en place de programmes pilotes, comme pour les préposés aux bénéficiaires et les travailleurs du secteur de l'intelligence artificielle.

Le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration Simon Jolin-Barrette s'engage à trouver une solution taillée sur mesure pour soutenir l'industrie agroalimentaire.

«Pour répondre à leurs besoins, ce n'est pas par le PEQ que ça passe, c'est par Arrima ou par le biais d'un programme pilote. Alors, je tiens à les rassurer, on ne vous oubliera pas», assure-t-il.

Une sortie qui survient alors que l'OCDE publie un rapport qui estime que le système Arrima doit être complémentaire au programme du PEQ. 

«Pour répondre aux besoins des employeurs et surtout aux besoins des régions, assurer que l'immigration se fasse dans toutes les régions du Québec», conclut le ministre. 

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