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Un élan pour la cause autochtone?

Anne-Sophie Poiré | Le Journal de Montréal

Bloc GRC

Photo Agence QMI, Joël Lemay

La mort de deux Autochtones sous les balles de policiers au Nouveau-Brunswick risque d’exacerber les tensions entre les forces de l’ordre et les Premières Nations, croient des experts. 

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« Le momentum est là, on l’a sous nos yeux. Actuellement, on a la capacité de rendre visibles ces pratiques », laisse tomber Mylène Jaccoud, professeure en criminologie à l’Université de Montréal, dont les travaux portent sur les rapports entre le système pénal et les peuples autochtones.

La violence policière à l’endroit de la communauté noire largement dénoncée depuis le meurtre de George Floyd, au Minnesota, le 25 mai, pourrait se faire l’écho d’un nouveau mouvement de contestation. 

En l’espace de quelques jours, Chantel Moore, à Edmunston, et Rodney Levi, à Miramichi, sont tombés sous les balles des policiers. 

Pas le même écho 

Michèle Audette, Innue québécoise, militante et ex-commissaire à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, ne croit pas que les revendications autochtones auront la même résonance que celles du mouvement Black Lives Matter. 

Le professeur en Études autochtones à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) Sébastien Brodeur-Girard partage cet avis.

« La puissance démographique des Autochtones au Québec dans les grandes villes n’est pas la même que celle des Noirs aux États-Unis », fait-il valoir.  

Il croit néanmoins que les gens seront plus attentifs à la cause des Premières Nations. 

Revoir les méthodes 

Un rapport indépendant publié en octobre a démontré que les personnes autochtones et noires ont entre 4 et 5 fois plus de risques d’être interpellées par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) que les personnes blanches. 

« Les policiers ne sont pas plus racistes ou brutaux qu’avant, prévient Mme Jaccoud. Mais il faut reconnaître que les événements qui se sont succédé ces derniers temps démontrent à quel point le système est dysfonctionnel. » 

Pour Mme Audette, c’est « le système de maintien de la paix au grand complet qui doit être revu. Et ça ne sera pas seulement bon pour nous, affirme-t-elle. Ça le sera aussi pour mes voisines. »

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