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Trop gros pour travailler en CHSLD : «Refusés parce qu’ils sont à risque d’être à risque»

TVA Nouvelles

Plusieurs candidats à la formation comme préposé aux bénéficiaires offerte par Québec ont essuyé un refus en raison de leur indice de masse corporelle, jugeant qu’ils sont obèses.

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Jusqu’à présent, seuls quatre candidats ont été écartés du programme de formation du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal en raison de leur poids, mais ce nombre pourrait être revu à la hausse.

«Je crois qu’on en connaitra pas la portée complète puisque des gens vont se sentir mal à l’aise de dire qu’ils ont été refusés en raison de leur poids. Il y a des gens humiliés et qui ont honte de s’être fait refuser en raison de leur indice de masse corporelle», explique Édith Bernier, consultante en prévention de la grossophobie en entrevue à LCN.

Mme Bernier rappelle que l’indice de masse corporelle (IMC) n’est pas un indicateur de bonne santé et ne tient pas compte de la composition corporelle de l’individu. 

Par exemple, une personne qui pratique l’haltérophilie et qui présente un taux de masse grasse minime peut avoir le même IMC qu’une personne de la même grandeur et qui a le même poids, sans pour autant avoir de la masse musculaire.

Déboulonner les mythes sur l’obésité et la COVID-19

Édith Bernier réitère qu’il est faux de croire que les personnes considérées obèses présentent un risque accru de développer la COVID-19. En réalité, ces personnes présentent plutôt un risque de développer des maladies chroniques comme le diabète, la haute pression ou des problèmes d’asthme, par exemple.

«Les personnes grosses sont à risque d’être à risque. (...) Par contre, des personnes qui ne sont pas nécessairement grosses sont d’autant plus à risque de développer des maladies chroniques si elles n’ont pas une alimentation équilibrée, si elles sont sédentaires ou si elles consomment du tabac, par exemple.»

Comme le stipule l’experte, ce sont ainsi les personnes à risque de développer les maladies chroniques qui sont à risque de développer une forme sévère et ce, indépendamment de leur indice de masse corporelle. 

«Vas-t-on commencer à tester tous les candidats pour les choses dont ils sont à risque d’être à risque? (...) Je me demande aussi si les personnes minces ou plus délicates subiront le même jugement que les personnes grosses au niveau de leur forme physique dans le cadre de l’emploi. Pourquoi pas faire passer un test de forme physique à tous les candidats dans ce cas?», propose Mme Bernier.