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Le chef du NPD expulsé des Communes pour avoir qualifié un bloquiste de raciste

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a accusé de racisme le député du Bloc québécois Alain Therrien, mercredi, ce qui lui a valu une expulsion temporaire de la Chambre des communes.

«Je me suis fâché et je suis triste maintenant», a lancé M. Singh après coup, la voix étouffée par l’émotion. Celui qui est le premier leader racialisé d’un parti fédéral a soutenu avoir vu du racisme en M. Therrien quand celui-ci lui a paru réfuter l’importance de ses ramifications et ses effets violents sur les membres des communautés autochtones.

L’échange tendu aux Communes s’est déclenché quand les élus du Bloc québécois se sont opposés à une motion du Nouveau Parti démocratique (NPD) sur la reconnaissance du racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le leader parlementaire bloquiste Alain Therrien aurait eu un contact visuel avec M. Singh, aux dires de celui-ci.

«Avec ses mains, il a fait un geste qu’on fait comme pour [rejeter] quelque chose, en voulant dire que ce n’est pas important. Ce geste est exactement le geste du racisme», a martelé le leader du NPD.

Aussitôt lancé, le qualificatif «raciste» a promptement motivé la whip bloquiste Claude DeBellefeuille à exiger des excuses de M. Singh.

«On est ici [...] entre parlementaires. Chacun a droit à son opinion et je ne crois pas qu’un chef de parti puisse traiter, ici, en cette Chambre, un autre [élu] de raciste parce qu’on ne partage pas la motion qui vient d’être discutée», a-t-elle fait valoir.

M. Singh a ensuite refusé de faire acte de contrition à la demande d’une suppléante du président de la Chambre. La présidence a ensuite tranché pour son expulsion jusqu'à la fin de la journée de mercredi, soutenant que son autorité n’avait pas été respectée.

«Quelqu’un peut agir de façon raciste dans la Chambre des communes et quelqu’un peut pointer du doigt un acte raciste et être expulsé», a plus tard lâché le chef néo-démocrate en disant reprendre des propos de son collègue Charlie Angus.

La motion néo-démocrate visait à reconnaître l’existence du racisme systémique dans la GRC, à demander au fédéral de revoir le budget du corps policier ainsi qu'à l’obliger à rendre public tout rapport sur les incidents de recours à la force, entre autres.

Rappelons que, dans les dernières semaines, plusieurs cas de brutalité policière contre des membres de communautés autochtones ont fait surface, dont la mort de Chantel Moore, 26 ans, tuée par balle par un agent de la GRC au Nouveau-Brunswick.

Dans une déclaration écrite transmise par courriel, la bloquiste DeBellefeuille a expliqué que son parti a appuyé une autre motion sur la même question. Celle-ci, plutôt que de «reconnaître» le racisme systémique dans la GRC, commande au comité de la Sécurité publique d’étudier son «existence».

«Nous sommes convaincus que la discrimination à l’égard des communautés autochtones et des minorités culturelles est un enjeu majeur, a-t-elle dit. Cependant, il nous apparaît inapproprié d’imposer des conclusions à un comité avant que celui-ci n’ait procédé à son étude. Nous respectons le processus parlementaire.»

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