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Prime de 2 $: des députés veulent forcer les chaînes d’épiceries à s’expliquer

Philippe Orfali | Journal de Montréal

Même si la pandémie n’est pas terminée, plusieurs chaînes d’épiceries jugent que le retour progressif à la normale justifie la fin de la prime de 2 $ qui était offerte à des milliers de leurs travailleurs.

Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin

Même si la pandémie n’est pas terminée, plusieurs chaînes d’épiceries jugent que le retour progressif à la normale justifie la fin de la prime de 2 $ qui était offerte à des milliers de leurs travailleurs.

Les grands patrons des chaînes d’épiceries canadiennes risquent d’avoir des comptes à rendre aux parlementaires après l’abolition subite de la prime de 2 $ destinée à leurs employés de première ligne.

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Les députés à Ottawa ne digèrent pas qu’en l’espace de 24 heures toutes les épiceries propriétés des bannières Metro (Metro, Super C, Adonis, Jean Coutu), Loblaw (Maxi, Provigo, Pharmaprix) et Empire (IGA, Rachelle Berry) aient annoncé la fin de la prime de 2 $ mise en place au début de la pandémie.

Un député libéral a donc proposé de convoquer les représentants de ces entreprises afin qu’ils expliquent leur décision « d’annuler, le même jour, la modeste augmentation des salaires des employés des épiceries de première ligne pendant la pandémie, y compris la façon dont ces décisions sont conformes aux lois sur la concurrence ».

La pandémie « n’est même pas finie que déjà ils retournent aux vieilles façons de faire, alors que plusieurs de ces compagnies ont engrangé des profits considérables (à cause de la COVID) », a déploré en entrevue au Journal le député libéral torontois Nathaniel Erskine-Smith, qui a présenté cette motion.

Plusieurs Canadiens peinent à joindre les deux bouts à l’heure actuelle, et ces travailleurs ont souvent mis leur santé à risque afin que tous puissent se nourrir, a-t-il rappelé. 

Débat demain 

La motion devrait être débattue demain au comité de l’innovation, des sciences et des technologies. M. Erskine-Smith s’attend à ce qu’elle soit adoptée, puisqu’elle bénéficie de l’appui des députés du Parti conservateur et du Nouveau Parti démocratique (NPD). 

« Les travailleurs ont été sur la ligne de front pendant des mois. Ils ont eu un modeste boni. Ils sont encore en danger. Couper le boni de 2 $, je trouve ça cheap en tabarouette », s’est exclamé le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice. 

Au Bloc québécois on soutient ne pas encore avoir pris une décision à cet égard. 

Silence chez les épiciers 

Rappelons que les profits de la plupart des grandes chaînes d’épiceries ont bondi de façon significative depuis le début du confinement. Celles-ci pourraient même connaître des années records.

Elles ont refusé de répondre à nos questions, hier. 

« Nous ne ferons pas de commentaire », s’est bornée à dire Geneviève Grégoire, de Metro. IGA, qui a multiplié les coups médiatiques depuis le début de la crise de la COVID-19, n’a pas répondu à nos appels. Loblaws non plus.  

Pour expliquer la fin de la prime, Mme Grégoire a précisé que Metro « ne travaille plus dans les conditions de crise qui ont prévalu de mars jusqu’en mai, alors que les épiceries étaient parmi les seuls détaillants ouverts au public. La demande se stabilise, alors que d’autres commerces rouvrent leurs portes ».