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Un organisme s’inquiète de l’exposition des Québécois au glyphosate

Agence QMI

À la suite de tests effectués sur quelques dizaines de volontaires, l’organisation à but non lucratif Vigilance OGM s’inquiète de la présence de glyphosate notamment dans l’alimentation des Québécois.

Des traces de ce pesticide, largement utilisé par les agriculteurs de la province, ont été retrouvées dans l’urine de 65% des participants. Dans le cadre de cette étude, Vigilance OGM a pu compter sur 40 volontaires, dont la comédienne Ève Landry et l’humoriste Louis T. L’échantillon était plutôt varié puisqu’il y avait parmi les sujets des jeunes et moins jeunes, des carnivores et végétariens, et certains adeptes du biologique.

Dr Éric Notebaert, médecin urgentologue et vice-président de l'Association québécoise des médecins de l'environnement, s’est dit préoccupé par les résultats de ces tests. D’autant plus que le glyphosate représente 40% des ventes de pesticides dans la province, selon un rapport du ministère de l’Environnement pour l’année 2018.

«On devrait toujours s'inquiéter d'avoir des traces de glyphosate (ou de tout autre pesticide) dans ses urines. De plus en plus, la littérature tend à montrer un lien entre les pesticides et de nombreux problèmes de santé. C'est inquiétant aujourd'hui et pour demain», a déclaré Dr Notebaert par communiqué.

Même son de cloche du côté de Thibault Rehn, coordinateur de Vigilance OGM, qui a avait lui aussi des traces de glyphosate dans son organisme.

«Personne n'est à l'abri d'une contamination : en veut pour preuve cette enquête qui regroupe des individus somme toute déjà interpellés par le souci d'avoir une saine alimentation», a dit M. Rehn.

«Nous sommes tous concernés. Les résidus de glyphosate se cachent partout : alimentation, eau, sol, air. Il est important que le gouvernement agisse pour limiter notre exposition au glyphosate et aux pesticides.»

Les agriculteurs vulnérables 

Les agriculteurs seraient particulièrement vulnérables en raison de leur exposition plus grande aux pesticides, selon certaines études. C’est d’ailleurs un agriculteur qui a présenté le plus haut degré de concentration du glyphosate dans son urine dans le cadre de l’enquête de Vigilance OGM.

À l’inverse, un agriculteur converti au biologique depuis 16 ans et maintenant à la retraite ne présentait aucune trace de glyphosate.

Classé d’être cancérigène probable» depuis 2015 par l'Organisation mondiale de la Santé, le glyphosate est utilisé sous diverses marques, depuis que le brevet détenu par le groupe américain Monsanto est tombé dans le domaine public en 2000. La plus célèbre reste le Roundup.

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