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Singh pas sanctionné dans l'immédiat, les bloquistes protestent

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh n’a pas été privé de son droit d’intervention à la Chambre des communes, jeudi, pour avoir traité le leader parlementaire bloquiste Alain Therrien de raciste et refusé de s’excuser.

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Les trois élus du Bloc québécois qui étaient présents, dont M. Therrien, ont quitté l’enceinte pendant le temps de parole de M. Singh en guise de protestation.

«Je suis très triste s’il a vécu des choses difficiles et j’imagine qu’il en a vécu. Mais ça ne justifie pas que je me fasse traiter de raciste dans le contexte social dans lequel on se trouve actuellement», a dit Alain Therrien, député bloquiste de La Prairie en entrevue à TVA Nouvelles.

Ce dernier soutient avoir vécu des moments difficiles lorsque pressé de questions par ses enfants. Il plaide qu’il n’était tout simplement pas d’accord avec des éléments de la motion que les néo-démocrates tentaient de déposer au moment de l’incident.

Le texte visait à reconnaître le racisme systémique au sein de la GRC et demandait aussi de réviser le budget alloué par le fédéral au corps policier, notamment.

«Si ça lui tenait tant que ça à cœur, il aurait pu venir me consulter et [me demander] si on était d’accord avec cette motion. Ils n’ont jamais fait ça. C’était ‘’prend-là ou bat-là’’», a-t-il lancé en ajoutant que des éléments du texte nécessitaient des «améliorations».

Selon les dires du chef du NPD, premier leader racialisé d’un parti fédéral, M. Therrien et lui ont eu un échange de regards tendu au moment du vote pour permettre le dépôt de la motion et c’est ce qui a provoqué la colère et la tristesse en lui.

«Avec ses mains, il a fait un geste qu’on fait comme pour [rejeter] quelque chose, en voulant dire que ce n’est pas important, a-t-il dit mercredi. Ce geste est exactement le geste du racisme.»

M Singh a été expulsé des Communes une partie de la journée de mercredi, après son refus de s’excuser auprès du leader parlementaire bloquiste, à la demande de la présidence de la Chambre.

Jeudi matin, le chef du Bloc Yves-François Blanchet a condamné les agissements de M. Singh et exigé qu’il se rétracte.

«On se fait tous traiter de racisme en même temps, en tas», a soutenu le chef bloquiste au sujet de sa formation politique, qu’il dit «assaillie» de toute part sur les réseaux sociaux d’accusations de racisme.

«J'ai le sincère désir que nous travaillions tous ensemble pour lutter contre toutes les formes d’injustice et de discrimination, dont nous reconnaissons l’existence», a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, sa whip Claude DeBellefeuille a demandé au président de la Chambre, Anthony Rota, de sévir à nouveau contre M. Singh en ne lui reconnaissant pas son droit de parole durant la période de questions.

Cette demande a été refusée, mais M. Rota a indiqué avoir reçu une lettre de Mme DeBellefeuille et avoir l’intention d’y donner suite d’ici à la prochaine séance de la Chambre.

Or, les travaux parlementaires sous leur forme actuelle se concluent jeudi. La prochaine séance est prévue le 8 juillet, jour où les libéraux de Justin Trudeau présenteront aux parlementaires un «portrait» de la situation économique.

Dans son point de presse quasi quotidien, le premier ministre a d’ailleurs ajouté son grain de sel à cette affaire en se disant «déçu» du refus obstiné, à ses yeux, du Bloc québécois de reconnaître l’existence de racisme systémique dans les institutions canadiennes.

«Ce sont des conversations qui rendent inconfortables, mais qui sont essentielles si on veut avancer en tant que pays», a-t-il commenté.

- Avec la collaboration de Michelle Lamarche

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