/news/coronavirus

«La pandémie continue de s'accélérer»

Sur le front du Covid-19, les bonnes nouvelles venues de certains pays ne doivent pas faire illusion: au niveau mondial, la pandémie ne recule pas, mais «continue de s'accélérer», a prévenu lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

• À lire aussi: Les Bourses européennes à reculons, l’incertitude sanitaire pèse

• À lire aussi: L'OMS appelle à augmenter la production mondiale de dexaméthasone

• À lire aussi: Du «masque bashing» au Québec?

Alors que dans plusieurs pays, dont la France, l'heure est à un optimisme prudent et au déconfinement, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a profité d'une conférence virtuelle organisée par l'émirat de Dubaï pour lancer une nouvelle mise en garde.

«Il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé. Le dernier million de cas a été signalé en seulement huit jours», a-t-il dit. Cela démontre que la pandémie «continue de s'accélérer».

«Nous savons qu'elle est bien plus qu'une crise sanitaire, c'est une crise économique, sociale et, dans de nombreux pays, politique. Ses effets se feront sentir sur des décennies», a-t-il ajouté.

M. Ghebreyesus a appelé les laboratoires pharmaceutiques à augmenter la production de dexaméthasone et à "distribuer rapidement dans le monde entier" ce stéroïde qui s'est révélé efficace pour traiter les malades les plus gravement atteints par la COVID-19.

L'Amérique latine vient d'entrer dans l'hiver, dont il semble que les basses températures soient propices à la propagation du virus. C'est là que se situe désormais l'épicentre de la maladie.

Le Brésil, deuxième pays du monde, a dépassé le seuil des 50 000 morts et des deux millions de cas confirmés, les mégalopoles de Sao Paulo et de Rio de Janeiro étant les plus sévèrement atteintes.

Ailleurs en Amérique latine, le bilan a dépassé ces derniers jours les 20 000 morts au Mexique, les 1000 morts en Argentine et les 8000 morts au Pérou.

Dans d'autres pays, comme en Azerbaïdjan, la multiplication de nouveaux cas, à la suite d'un déconfinement trop précoce, a conduit à un reconfinement.

Jusqu'au 1er août, centres commerciaux, cafés, restaurants et salons de beauté de la capitale Bakou et des autres grandes villes seront fermés, et les habitants autorisés à sortir une «fois par jour, pour deux heures au maximum, après avoir reçu par texto une permission» des autorités, selon le premier ministre Ali Asadov.

Au Portugal, les autorités ont resserré les mesures de confinement récemment assouplies autour de Lisbonne, afin de maîtriser de nouveaux foyers de contagion.

En Australie, face à six foyers de contamination à Melbourne, des responsables ont exhorté leurs compatriotes à éviter de se rendre dans la grande ville du Sud.

L'Afrique du Sud a franchi le cap des 100 000 cas lundi, avec près de 2000 morts liés au nouveau coronavirus.

Au Moyen-Orient, l'Arabie saoudite a annoncé le maintien fin juillet du grand pèlerinage musulman de La Mecque, l'un des cinq piliers de l'islam, mais avec un «nombre très limité» de fidèles.

L'Europe déconfine 

En revanche plusieurs pays d'Europe, submergés au printemps par la maladie, continuent d'alléger les mesures de précaution à la faveur d'un répit de l'épidémie.

Ainsi, l'Espagne est sortie dimanche de l'état d'urgence sanitaire et a rouvert sa frontière avec la France, pour le plus grand plaisir des touristes qui ont pu retrouver les plages de la Méditerranée.

En France, les salles de cinéma et les casinos sont autorisés à rouvrir depuis lundi, et l'école est redevenue obligatoire pour tous les élèves, à l'exception des lycéens, à deux semaines des grandes vacances d'été.

Près de Paris, le parc d'attractions Disneyland a annoncé sa réouverture pour le 15 juillet, avec une capacité d'accueil réduite.

Le Royaume-Uni, pays le plus touché d'Europe, continue de lever progressivement son confinement. Il a enregistré lundi moins de 1000 nouveaux cas et 15 morts, soit le plus faible bilan depuis le 15 mars, selon le ministre de la Santé Matt Hancock.

La COVID-19 a tué officiellement au moins 469 060 personnes dans le monde et en a contaminé plus de 9 millions, dont 4,2 millions considérés aujourd'hui comme guéris, depuis que la Chine a fait état de l'apparition en décembre de la maladie.

Les États-Unis sont le pays le plus touché avec 120 106 décès. Le président américain Donald Trump a estimé lundi que le bilan pourrait y dépasser à terme les 150 000.

Suivent le Brésil (50 617 décès), le Royaume-Uni (42 647), l'Italie (34 657) et la France (29 663).

Concert pour un vaccin 

Un grand concert virtuel rassemblera samedi des vedettes de la musique (Shakira, Coldplay, Usher, Justin Bieber) pour soutenir la collecte de dons pour la recherche médicale sur la COVID-19. «Les artistes ont le pouvoir d'inspirer le changement», a salué Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne qui co-organise l'événement avec l'organisation Global Citizen.

Que ce soit dans la musique ou le sport, les événements rassemblant du public restent souvent interdits ou déconseillés.

En Espagne, la ligue de football prépare un éventuel retour du public dans les stades, avec inscription, masques et prise de température obligatoires, alors qu'au Nigeria, les clubs du championnat ont voté lundi la fin de la saison en cours. Aux États-Unis, les golfeurs participant à l'USPGA de San Francisco, prévu en mai et reporté au 6 août, joueront à huis clos.

Dans les Balkans, le virus s'est invité dans un tournoi organisé pour le champion Novak Djokovic sans mesures sanitaires : deux des joueurs de cet «Adria Tour», le Bulgare Grigor Dimitrov et le Croate Borna Coric, ont annoncé avoir été testés positifs.

Le préparateur physique de Djokovic, Marko Paniki, et l'entraîneur de Dimitrov, Kristijan Groh, ont également été testés positifs, selon la presse locale, qui précise que le N.1 mondial a rapidement quitté Zadar, où se déroulaient les matchs, pour Belgrade où il a été testé lundi matin.