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Prêts à faire vibrer le Québec pour la fête nationale

Amélie St-Yves | Le Journal de Montréal

La chanteuse Mélissa Bédard en répétition.

Photo Amélie St-Yves

La chanteuse Mélissa Bédard en répétition.

Des dizaines d’artistes ont répété sous une chaleur accablante dimanche le grand spectacle de la fête nationale du Québec qui se déroulera pour la première fois sans public demain, et ils sont bien déterminés à crever l’écran.

La pandémie de COVID-19 a forcé le traditionnel spectacle de la fête nationale à se réinventer. Il n’y en aura qu’un seul cette année, à Trois-Rivières le 23 juin, sur le bord du fleuve Saint-Laurent, à mi-chemin entre Québec et Montréal.

Les bancs seront vides, mais le réalisateur Jean-François Blais, connu pour avoir travaillé sur En direct de l’univers et La Voix, a fait installer 450 petites ampoules à travers les sièges.

« Je me disais que c’était un beau symbole, au moins pour nous donner de la chaleur. Je l’ai essayé et ça fait du bien, il y a quelque chose d’apaisant là-dedans », indique-t-il.

Hubert Lenoir et l’animateur Pierre Lapointe.

Photo Amélie St-Yves

Hubert Lenoir et l’animateur Pierre Lapointe.

Pour les artistes rencontrés sur place dimanche, ces petites lumières symboliseront les spectateurs, à défaut d’avoir un retour du public qui normalement réagit et applaudit.

« Il n’y a pas une ampoule qui peut remplacer un humain, avec des oreilles et un cœur. Mais on va peut-être s’accrocher à cette lumière-là, qui symbolise le cœur de ceux qui nous reçoivent », souligne l’auteure-compositrice-interprète Ariane Moffatt, qui coanime la soirée avec Pierre Lapointe.

« C’est vrai que dans chacune de ces lumières-là, il y a les gens qui sont à la maison », a pour sa part mentionné Marie-Mai.

Défis  

Monter ce spectacle en quelques semaines a tout de même nécessité des ajustements à l’Amphitéâtre Cogeco, surtout pour le respect des deux mètres de distanciation physique, selon le producteur Sylvain Parent-Bédard.

De petites scènes ont notamment été aménagées à travers les bancs où des gens sont normalement assis.

« Tous les artistes ont leurs propres micros. On a suivi toutes les normes de la santé publique. Il y a toute la logistique de circulation, la distanciation sur la scène, la distanciation dans les loges, la façon de maquiller, coiffer et autres », explique-t-il.

Des centaines de lumières ont été installées à travers les bancs.

Photo Amélie St-Yves

Des centaines de lumières ont été installées à travers les bancs.

Histoire  

Cette fête nationale passera-t-elle d’emblée à l’histoire parce qu’il n’y avait pas de public ? Le porte-parole Didier Lucien croit qu’on va s’en souvenir. « On va se dire ‘‘J’étais là’’. C’est comme le verglas ça. La Saint-Jean ‘‘avec pas d’public’’, je l’ai faite, celle-là. Et là, on va savoir quel âge que tu as », conclut-il en riant.      

  • Le grand spectacle de la fête nationale, Tout le Québec à l’unisson, sera diffusé sur les ondes de TVA, Radio-Canada, V et Télé-Québec le 23 juin à 20 h.