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France: l'application de traçage est un flop

Agence France-Presse

Quatre semaines après son lancement, l'application de traçage française «StopCovid» n'a permis de signaler qu'un nombre dérisoire de risques de contamination, un flop qui n'est pas isolé sur la scène internationale, relançant le débat sur l'utilité de ces outils dans la lutte contre la pandémie.  

Seulement 2% des quelques 67 millions de Français ont installé sur leur téléphone portable cette application, StopCovid, permettant à un utilisateur qui se découvre contaminé de prévenir anonymement les autres utilisateurs qu'il a croisés récemment.

Et selon le bilan donné par le secrétaire d'État au Numérique, Cédric O, lors d'une conférence de presse, seules 68 personnes ont utilisé l'application pour prévenir de leur contamination les personnes qu'elles ont croisées.

14 utilisateurs de l'application ont reçu un message d'alerte les avertissant qu'ils ont été en contact avec une de ces personnes contaminées.

Selon Cédric O, ces chiffres ne remettent toutefois pas en cause l'utilité de l'application et sont à mettre en rapport notamment avec la diminution de la prévalence du virus.

Le nombre d'utilisateurs de StopCovid est évalué par les autorités à environ 1,5 million de personnes sur tout le territoire français, soit à peine 2% de la population.

Le nombre de téléchargements de l'application reste faible au regard par exemple de l'Allemagne où l'application équivalente a été téléchargée 11 millions de fois, pour une population d'environ 83 millions de personnes.

La différence avec l'Allemagne «ne dit rien à mon avis personnel» de l'application française elle-même, mais «dit tout probablement de nos différences culturelles, de nos différences de comportement face à l'épidémie» a estimé Cédric O.

La France n'est cependant pas le seul pays où les applications de traçage ont connu un succès mitigé.

Les Italiens ont été par exemple été peu nombreux à télécharger l'application nationale de traçage des cas positifs sur leurs téléphones portables (seulement 3,5 millions par rapport aux 23 millions d'utilisateurs attendus).  

Hors d'Europe, l'application «TraceTogether» lancée dès le mois de mars à Singapour avait elle aussi connu un succès limité et n'avait pas empêché le gouvernement de prendre des mesures de confinement. 

Pas d'harmonie en Europe

Dans le monde entier, la mise en place d'applications de traçage a été considérée comme une étape essentielle dans le déconfinement mais s'est révélée très complexe, en raison des défis technologiques comme des questions de respect de la vie privée.

La semaine dernière, la Norvège a même suspendu sa propre solution, Smittestop, qui avait été critiquée pour être trop intrusive.

Les pays européens n'ont pas réussi à s'accorder sur une technologie et une application unique, à l'heure où les frontières rouvrent progressivement.

En Grande-Bretagne, le gouvernement a même abandonné son projet d'application de traçage des malades, au profit d'un autre modèle sans qu'aucun calendrier ne soit donné.

L'Allemagne espère néanmoins que son application sera disponible d'ici les vacances d'été chez ses voisins qui utilisent une architecture «similaire» comme la Suisse, l'Autriche ou l'Italie.

La France ne devrait pas être concernée: «les données sont transmises à l'État et nous devons bien sûr veiller à ce que l'échange de contacts que nous avons entre les applications de deux pays ne se traduise pas par un faible niveau de protection des données», avait mis en garde mardi Helge Braun, ministre allemande auprès de la chancellerie.

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