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L'avocat du Manoir Liverpool contre-attaque

Julie Couture | TVA Nouvelles

L'avocat du Manoir Liverpool déploie l'artillerie lourde afin de répliquer à une enquête administrative du CISSS de Chaudière-Appalaches qui menace de révoquer le certificat de conformité de l’établissement.

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Dans un document de 29 pages dont TVA Nouvelles a obtenu copie, il démontre que les manquements reprochés au Manoir, dans une lettre datée du 10 juin, relèvent essentiellement des employés du CISSS de Chaudière-Appalaches.

L'avocat Jean-Francois Bertrand rappelle que depuis le 10 avril, six gestionnaires du CISSS ont pris le contrôle des opérations et des ressources humaines de la résidence à la demande du copropriétaire Claude Talbot, dans la foulée de la crise de la COVID-19 et du manque de personnel.

Selon l'avocat, les blâmes du CISSS constituent une mascarade éhontée et l’organisation fait preuve d'impartialité en étant à la fois juge et partie dans ce dossier.

«Ils reprochent des éléments au Manoir qui émanent des employés du CISSS. Le processus ne fonctionne pas. Ils nous reprochent leurs propres turpitudes, ce n'est pas vrai que mes clients vont servir de bouc émissaire pour répondre à une pression médiatique et une pression populaire pour trouver un coupable», s’insurge-t-il.

On reproche notamment au Manoir Liverpool d’avoir laissé disponible un produit dangereux. L’établissement répond qu'une procédure pour les garder dans un endroit non accessible était pourtant en place et que deux coordonnateurs dépêchés au Manoir par le CISSS devaient s'assurer qu'elle soit bien suivie.

On indique aussi, en ce qui concerne un rapport d'accident introuvable, que la procédure mise en place n’a pas été suivie correctement par le coordonnateur du CISSS lui-même.​

Quant à l’allégation que des résidents auraient été laissés sans surveillance lors d'une réunion d'employés, le Manoir dit que deux éducatrices surveillaient les étages 1 et 2, et qu’une préposée aux bénéficiaires surveillait le 3e étage. À ce moment, les coordonnateurs du CISSS étaient toujours responsables des soins et services.

Quand à un résident qui aurait eu besoin de gavage pendans la réunion, le Manoir indique seul la sonnerie de l'appareil de gavage n'avait pas été éteinte par un employé. La santé et la sécurité du patient n'a jamais été en cause.

Le dernier reproche concernant un résident atteint de la COVID-19 qui aurait circulé librement dans l'établissement, le Manoir précise que son risque de contagion était presque nul et la sécurité des autres résidents n'a jamais été mis en cause.

L'avocat du Manoir indique que le 30 janvier, Agrément Canada a renouvelé la licence du Manoir pour 4 ans avec une note de 92 %. Des inspections menées en avril et en juin par le ministère de la Santé n'ont donné lieu à aucun blâme. La gestion du Manoir a été confiée au CISSS de Chaudières-Appalaches du 10 avril au 19 juin inclusivement.

Me Jean-François Bertrand indique que la santé et la sécurité des résidents n'ont jamais été mises en péril. 

Le CIUSSS Chaudière-Appalaches dispose de 30 jours pour retirer ou non la licence au Manoir Liverpool.​ L'avocat du Manoir a déjà fait savoir qu'il contestera cette décision le cas échéant.

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