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Moins de cas pour viser l’immunité collective?

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Positive test result by using rapid test device for COVID-19, novel coronavirus 2019 found in Wuhan, China

Photo Adobe Stock

L’immunité collective, qui permettrait de freiner la prolifération du nouveau coronavirus, pourrait être atteinte avec un pourcentage de la population ayant été infectée plus faible qu’anticipé, selon des chercheurs britanniques et suédois.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, la plupart des estimations avançaient qu’autour de 60 % de la population devrait acquérir une immunité contre la COVID-19 pour freiner son élan. Or, selon une étude parue cette semaine dans la revue Science, cette proportion pourrait être d’environ 43% quand cette immunité est acquise de manière naturelle.

Rappelons que l’immunité collective est atteinte quand une proportion suffisante de la population développe des anticorps qui protègent contre une deuxième infection par un virus donné. Ce virus peine alors à contaminer de nouvelles personnes et sa progression est ralentie ou même stoppée.

Prudence

Cette immunité peut s’acquérir de manière naturelle en contractant le virus ou encore en recevant un vaccin. Elle doit procurer une protection efficace et suffisamment durable, ce qui n’est pas toujours le cas.

Dans le cas du coronavirus SARS-CoV-2, qui cause la maladie COVID-19, le concept d’immunité de masse doit être approché avec prudence parce que la science n’a pas encore établi le degré de protection qu’offre une première infection, ni combien de temps elle dure.

Les scientifiques affiliés aux universités de Stockholm en Suède et de Nottingham au Royaume-Uni, qui ont utilisé un modèle mathématique pour étayer leurs conclusions, expliquent que les comportements sociaux diffèrent d’une personne à l’autre.

Plus les individus sont actifs socialement, plus ils sont susceptibles d’être infectés et de contaminer d’autres personnes, font-ils remarquer.

En tenant compte de cette variable et de la répartition des groupes d’âge dans la société, l’immunité collective, acquise de manière naturelle, serait atteinte avec un pourcentage de la population plus faible qu’on le croyait – pourvu que la COVID-19 génère effectivement une réponse immunitaire satisfaisante.

Nouvelle approche

«Le chiffre de 60% suppose que chaque individu dans la population est également susceptible d’être vacciné, et donc immunisé. Cependant, ce n’est pas le cas si l’immunité résulte de la propagation de la maladie dans une population composée de personnes ayant de nombreux comportements différents», explique un communiqué diffusé par l’Université de Nottingham.

«En adoptant cette nouvelle approche mathématique pour estimer le niveau d’immunité collective à atteindre, nous avons constaté qu’elle pourrait potentiellement être réduite à 43%», a mentionné l’un des auteurs, Frank Ball.

Cette estimation devrait toutefois être interprétée avec précaution, «comme une illustration plutôt qu’une valeur exacte», préviennent les chercheurs.

- avec la collaboration de l’Agence QMI