/regional/estduquebec/cotenord

Un grand ménage à la Société des traversiers

Marc-André Gagnon | Journal de Montréal

« S’il y a quelque chose que je veux que vous reteniez, c’est qu’il y a un renouveau à la STQ. (...) On est réellement en action, au-delà de ce qui s’est passé avec les problèmes de navires », a confié le PDG de la Société des traversiers du Québec, Stéphane Lafaut, en entrevue avec <i>Le Journal</i> dans son bureau à Québec.

Photo Stevens LeBlanc

« S’il y a quelque chose que je veux que vous reteniez, c’est qu’il y a un renouveau à la STQ. (...) On est réellement en action, au-delà de ce qui s’est passé avec les problèmes de navires », a confié le PDG de la Société des traversiers du Québec, Stéphane Lafaut, en entrevue avec Le Journal dans son bureau à Québec.

Devenue tristement célèbre avec la saga du NM F.-A.-Gauthier, la Société des traversiers du Québec (STQ) a changé, assure son PDG, Stéphane Lafaut, qui a donné un sérieux coup de barre en congédiant ou en réaffectant les trois quarts de ses gestionnaires.

« La STQ que vous voyez maintenant n’est pas la même STQ qu’il y a un an, un an et demi : on est ailleurs, on est en changement », a insisté l’ex-brigadier général ayant servi notamment en Afghanistan, lors d’une longue entrevue accordée à notre Bureau parlementaire.

Depuis son arrivée, la mise en œuvre d’un plan de transformation « assez agressif » s’est notamment traduite par le départ ou la réaffectation des trois quarts des gestionnaires de la STQ, a raconté M. Lafaut.

Sur 29 membres de son équipe de gestion, on en retrouve 20 nouveaux, au moins six ont pris le chemin de la retraite, dont certains sont partis plus tôt que prévu. 

Pour lui, l’aventure a débuté le 31 janvier 2019, lorsque le ministre des Transports lui a confié la direction par intérim, après avoir congédié le PDG François Bertrand.

Plus rien n’allait, surtout avec le NM F.-A.-Gauthier, ce traversier italien flambant neuf payé 175 millions $, qui a été mis hors service en raison de bris majeurs aux propulseurs en décembre 2018. Il faudra attendre plus d’un an avant de le ramener au quai de Matane.

Le NM F-A-Gauthier en cale sèche à Lévis en juillet dernier.

Photo d'archives, Jean-François Desgagnés

Le NM F-A-Gauthier en cale sèche à Lévis en juillet dernier.

L’achat en urgence du vieil Apollo comme navire temporaire ne fera qu’empirer les choses : après deux accidents en deux mois, le bateau cinquantenaire était déjà bon pour la casse.

M. Lafaut se rappelle la « fatigue » et la « frustration » observées dès son arrivée en poste. « L’équipe était sous le choc », se souvient-il. « On allait juste de crise en crise », a-t-il résumé.

L’État de santé de l’organisation

Manque de ressources et déconnexion entre le personnel du siège social et celui des traverses sont parmi ses constats.

Un mandat a ensuite été confié à la firme Raymond Chabot afin de réaliser un diagnostic organisationnel.

Pour M. Lafaut, l’avenir de la STQ, qu’il veut transformer en société d’État « moderne », passera entre autres par une meilleure planification des projets. 

De futurs navires

Souvent appelé en renfort à L’Isle-aux-Coudres, le NM Radisson, dont la construction remonte à 1954, doit bientôt être remplacé.

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Puis, les navires des traverses Québec-Lévis et Sorel-Tracy arriveront à la fin de leur durée de vie utile d’ici une dizaine d’années.

M. Lafaut rêve d’une nouvelle « famille de navires », possiblement électriques, dont la construction pourrait devenir une opportunité de participer à la relance économique.

Il touche du bois pour que tout continue à bien aller à Matane avec le F.A.-Gauthier, qui depuis son retour en janvier, est propulsé uniquement au mazout. La remise en fonction du système au GNL risque d’attendre encore un peu. Cette saga servira de leçon.

« Nous, à la STQ, on n’a pas le loisir de faire de l’expérimentation. Si le navire arrive ici, il faut que ce soit des technologies qui soient éprouvées », prévient M. Lafaut.

Quel impact aura le 3e lien entre Québec et Lévis?  

L’arrivée éventuelle du troisième lien risque de transformer la traverse Québec–Lévis, dont le tracé est situé dans le même axe.

« L’arrivée du troisième lien amènera une autre dynamique », a souligné le PDG de la Société des traversiers du Québec (STQ), Stéphane Lafaut.

« À quoi va ressembler la traverse Québec-Lévis, il faut qu’on se pose des questions », a-t-il ajouté.

« Moi, je pense qu’il y a un besoin encore entre Québec et Lévis. Je ne sais pas où le troisième lien va finalement entrer, sortir et tout ça. Mais on a une clientèle de la colline Parlementaire, tout ça, des gens en bicyclette ou à pied », a-t-il rappelé.

Nouvelle fréquence ?

Mais le PDG de la STQ, qui participe à des rencontres avec le Bureau de projet sur le troisième lien, envisage toutefois d’apporter des changements au service offert actuellement.

« On va traverser quoi ? À quelle fréquence ? Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? [...] Il faut se poser des questions, a observé M. Lafaut. Il faut qu’on y travaille maintenant. »

Le gouvernement caquiste, qui s’est engagé à une première pelletée de terre d’ici 2022, réserve désormais une place importante au transport en commun avec la nouvelle mouture du troisième lien.

Une voie de circulation dans chaque direction est aussi dans les plans, ce qui viendrait réduire le nombre de véhicules qui empruntent la traverse.


7 problèmes identifiés au sein de la STQ  

  1. Manque de personnel évident  
  2. Planification déficiente  
  3. Manque de clarté dans les rôles et responsabilités  
  4. Travail en silo omniprésent  
  5. Gestion des approvisionnements à améliorer  
  6. Besoin de mieux axer l’action de la STQ avec les orientations gouvernementales  
  7. Nécessité de déployer une meilleure approche commerciale