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Un cliché de son pénis pour le juge

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

contacts sexuels valleyfield

Photo Jonathan Tremblay

Désespéré de prouver son innocence, un quinquagénaire déjà reconnu coupable de contacts sexuels sur deux jeunes enfants a proposé à un juge de lui montrer une photo de son pénis.

« J’ai apporté une photo de mon sexe pour vous prouver qu’il n’est pas comme celui que la victime a décrit [lors du procès] », a lancé vendredi Robin Wilcox au juge Joey Dubois, lors de ses observations sur la peine, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

« Merci de l’offre, mais NON », a directement décliné le magistrat.

Vendredi, l’homme de 57 ans niait toujours en bloc les accusations en matière sexuelle ayant fait l’objet d’un procès qui a établi sa culpabilité, en avril 2019.

Ce dernier a fait des attouchements sur une jeune fille de huit ans, et ce, de manière quasi hebdomadaire entre 2008 et 2011, peut-on lire dans la décision.

Cette victime, une amie de la famille, ne peut être nommée en raison d’une ordonnance de la Cour.

En plus de s’adonner à des « jeux » dénudés, Wilcox a notamment « touché et léché » les parties intimes de la fillette. Il y a également eu tentative de pénétration et de fellation à quelques reprises.

À l’époque, il avait demandé à sa victime de n’en dire mot à personne, car il serait dans le trouble.

Avocate virée

Continuant de plaider son innocence, Wilcox a d’ailleurs viré son avocate, vendredi, voyant qu’elle s’apprêtait à lui négocier une courte peine d’emprisonnement.

Il a catégoriquement refusé l’avenue qui l’amènerait vers le pénitencier.

Il a ainsi préféré se représenter seul, ce qui lui a valu à quelques occasions de se faire ramener à l’ordre par le magistrat.

« Je suis un homme bon et bien élevé. J’ai trois emplois essentiels et suis un atout dans la société, et surtout pas un prédateur. Je n’ai jamais touché à un enfant, a-t-il plaidé, la voix tremblotante, pour faire valoir au tribunal qu’il ne méritait pas sa condamnation. On parle de ce que ça fait à elle [la victime], mais moi, j’ai perdu ma famille. J’ai payé cher pour ces paroles [accusations]. Je suis innocent. »

Demande de 5 ans

Durant son discours, il a de nouveau accusé la victime de mentir, a noté la procureure de la Couronne, Mylène Brown.

Celle-ci a suggéré au juge Dubois de lui imposer une peine d’emprisonnement de cinq ans et de l’inscrire au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.

Parmi les facteurs aggravants, elle a insisté sur l’abus de confiance et d’autorité de l’homme, ainsi que les gestes « super » intrusifs qu’il a commis.

Parallèlement, Wilcox attend aussi sa peine dans un autre cas de contacts sexuels sur un autre mineur.

L’agresseur d’enfants a déjà des antécédents criminels en diverses matières. Il devrait recevoir une de ses sentences en août.

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