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Des appels pour amender la réforme de la PEQ

Étienne Paré | Agence QMI

La controversée réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) devrait entrer officiellement en vigueur dans les prochains jours, mais la colère gronde toujours chez les étudiants étrangers.

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La controversée réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) devrait entrer officiellement en vigueur dans les prochains jours, mais la colère gronde toujours chez les étudiants étrangers.

Samedi, ils étaient un peu plus d'une centaine à manifester à Montréal. Plusieurs élus du Parti libéral et de Québec solidaire étaient aussi présents.Ils ont directement interpellé la nouvelle ministre de l'Immigration, Nadine Girault, pour qu'elle amende la réforme présentée par son prédécesseur, Simon Jolin-Barrette.

«Dans la dernière semaine, on se serait attendu à ce qu'elle pose des changements ou un recul, mais pas un mot!» a dénoncé Gaétan Barrette, le nouveau porte-parole libéral en matière d'Immigration.«Le programme en soi pose problème. C’est une vision de l’immigration très utilitariste», a commenté pour sa part Manon Massé, cheffe parlementaire de Québec solidaire.

Au minimum, l'opposition demande l'ajout d'une clause de droit acquis pour les étudiants étrangers déjà au Québec.

En vertu des anciennes règles, ceux-ci pensaient obtenir automatiquement le Certificat de sélection du Québec (CSQ) à la fin de leurs études. Or, avant d'en faire la demande, ils devront dorénavant travailler à temps plein dans leur domaine entre un et deux ans, selon leur niveau d'étude.

C'est donc dire que pour la plupart, la résidence permanente (la prochaine étape après le CSQ pour la citoyenneté canadienne) ne devient accessible qu'au bout de cinq ans.

«Le permis de travail ne leur permet pas de se rendre à la résidence, a ajouté Gaétan Barrette. Le permis de travail va arriver à échéance avant la fin de la procédure. On les met dans une situation perdante en partant.»

Plans de vie chamboulés

Par exemple, Xiong Kai, un étudiant chinois en informatique, devra trouver un employeur qui accepte de le prendre en charge et de lui octroyer un nouveau permis de travail entre l’obtention de son CSQ et de sa résidence permanente.Or, face à un contexte économique incertain, il craint de ne pas trouver.

«Je suis venu au Québec parce qu’avec le PEQ, on pouvait avoir un diplôme, puis immigrer ici. Je pensais que le Québec était une démocratie, mais c’est comme une dictature. Une promesse, c’est une promesse» s’est désolé le jeune homme de 24 ans, qui essaie tant bien que mal d’apprendre le français depuis deux ans.

Omar Bencheikh, lui, est plus optimiste d’être recruté par une entreprise qui renouvellera son permis de travail lorsque celui octroyé par le fédéral sera venu à échéance.Par contre, il ne peut supporter l’idée de vivre à statut précaire encore cinq ans.

«Je connais des gens qui sont venus ici pour faire un doctorat en 2012 et qui pensaient avoir le CSQ à la fin de leurs études. Mais aujourd’hui, ils se retrouvent à devoir attendre encore des années avant d’avoir le CSQ et la résidence permanente», s’est insurgé celui qui a tout quitté au Maroc en 2018 en pensant pouvoir obtenir facilement sa résidence permanente à la fin de son cours en informatique grâce au PEQ.

Si la réforme entre en vigueur, Omar Bencheikh et Xiong Kai songent sérieusement à aller vivre dans une autre province, où l'attente pour la résidence permanente est beaucoup moins longue.

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