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Ils fuient la ville: le plan de vie d’une famille chamboulé par la pandémie

Kathryne Lamontagne | Journal de Montréal

Journaliste

Photo courtoisie

Ils devaient passer leur vie à Montréal, bien installés dans leur duplex fraîchement rénové. Mais la pandémie a bousculé les plans de Caroline Grutman et Jérémy Nolet, qui emménageront officiellement à la campagne cet été avec leur garçon de deux ans.

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« Ma vie en ce moment est une transition », lance en riant Caroline Grutman, qui s’apprête, avec sa famille, à littéralement changer d’existence.

Il y a cinq ans, son conjoint et elle ont fait l’acquisition d’un duplex dans Villeray, qu’ils se sont plu à rénover. « On pensait faire notre vie là. On pensait être là pendant 20, 25 ans, élever notre famille à Montréal. Il n’y avait pas vraiment de remise en question », se souvient la jeune femme.

Puis le petit Zack est arrivé, il y a deux ans. Durant son congé de maternité, Caroline Grutman s’est mise à s’interroger sur son mode de vie, sa consommation, son niveau d’endettement, son empreinte environnementale. Tranquillement, le couple a eu des envies de se rapprocher de la nature, de favoriser la simplicité, la décroissance. 

« Mais l’intention, ce n’était pas de faire un move tout de suite. On se disait que ça serait bien avant que Zack commence l’école, donc peut-être dans trois ans », se souvient Mme Grutman.

Le confinement

Mais voilà. La COVID-19 est arrivée. Et le confinement. Et la jeune femme est tombée enceinte à nouveau. Plongés en télétravail, les amoureux – qui bossent tous deux en production télé – ont décidé de se confiner dans le chalet du père de Caroline, à Dunham.

Le petit Zack a pu profiter des grands espaces. « En venant ici, il y a le lac, on va dans la forêt, on est dans la nature. La cour du duplex à Montréal, c’est bien, on l’a aménagée, mais il ne peut pas bouger autant », résume la jeune maman.

La pandémie et le confinement ont poussé la jeune maman à vouloir se rapprocher de la nature, à Dunham.

Photo courtoisie

La pandémie et le confinement ont poussé la jeune maman à vouloir se rapprocher de la nature, à Dunham.

En parallèle, son conjoint, qui a passé une partie de son enfance en Abitibi, retrouvait un ardent plaisir à être près de la nature. À un point tel où plus la crise se prolongeait, moins l’idée de retourner vivre en ville lui plaisait.

« Mon père a une grande terre pas très loin. Pendant presque tout le premier mois, mon chum allait bûcher là, il travaillait de ses mains. C’était ça, la vie qu’il voulait. Moi j’étais plus à 70, 80 % de cheminement dans ma décision. Notre vie à Montréal me convenait encore », plaide la jeune maman.

Le grand saut

Au fil des semaines toutefois, le confinement qui se prolongeait, les avantages du télétravail et le congé de maternité prévu à l’automne ont vite représenté un moment propice pour le couple, qui a décidé de devancer ses projets. « Les astres se sont enlignés. Tout ça nous donnait le temps de nous adapter à notre nouvelle réalité », plaide Mme Grutman.

Zack, deux ans, profite déjà des joies du plein air avec sa maman.

Photo courtoisie

Zack, deux ans, profite déjà des joies du plein air avec sa maman.

Tout s’est décidé rapidement : la famille emménagera fin août dans une maison de « transition » à Dunham, à proximité de la terre du père de Caroline. Une portion de cette terre sera ensuite acquise par le couple, qui y fera construire au cours de la prochaine année une nouvelle résidence. 

Les deux professionnels conserveront leurs emplois à Montréal, mais continueront à travailler de la maison. « Ça me rassure, parce que j’aime encore Montréal. J’irai une journée par semaine et lors des tournages, mais la balance, je la fais en télétravail », illustre-t-elle.

Signe que la transition s’amorce, Zack a fait son entrée dans une garderie du village. Et le duplex à Montréal a été vendu à la mi-juin, trois jours après avoir été affiché.

« C’est quand même un peu angoissant tout ça, mais c’est excitant. Il faut faire confiance à la vie. Mais j’ai hâte d’être chez moi et de regarder dehors et de voir la forêt. De mettre mes raquettes ou mes skis de fond pour partir faire un sentier », conclut avec optimisme Caroline Grutman.

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