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PCU : Même en déconfinement, les employeurs peinent à recruter du personnel

TVA Nouvelles

Bien qu’elle constitue une aide financière non négligeable en période de pandémie, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) met des bâtons dans les roues de nombreux commerçants qui peinent à recruter.

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«Quelques employés refusent soit de revenir travailler, soit demandent des heures à temps partiel pour ne pas perdre leur portion de la PCU», déplore Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail. 

«Il y a des appels à tous les jours de commerçants désespérés par leur difficulté d'avoir suffisamment de main-d’œuvre en magasin. Et là, la problématique, c'est qu’on diminue les heures d'ouverture des magasins, donc ça a un impact économique direct, ou on va éliminer simplement les journées de vente parce que, encore là, on a de la misère à remplir les quarts de travail», ajoute M. Drouin en entrevue avec TVA Nouvelles.

Plus d’une semaine après leur réouverture, le Gym Le Chalet, à Québec, cherche de nouveaux travailleurs.

«La PCU fait en sorte que beaucoup de personnes souhaitent peut-être plus rester à la maison pour profiter de la belle saison, profiter de l'été avant d'offrir un maximum d'heures de travail. Alors, c'est quelque chose qu'on cherche», explique Gabriel Hardy, propriétaire de l’établissement. 

Le retour au travail peut être tout un casse-tête pour les employeurs. C'est le cas pour Marc-Antoine Doré, qui gère un hôtel, un restaurant et un magasin.

«À chaque fois qu'on a un employé à faire revenir, c'est le casse-tête. PCU... on peut lui offrir ça, tant d'heures, c'est quand même assez compliqué, à tel point qu'il y a un paquet d'employés qui ne comprennent juste pas. On a même eu des départs parce qu'ils n'ont pas compris comment ça fonctionnait» explique le copropriétaire de Couillard, Fils & Cie.

L’entreprise de Québec a même dû se résigner à laisser partir certains employés.

«On ne fait juste pas accoter la PCU. Quand il y a un employé qui gagne 150 dollars par semaine, qu'il se retrouve à en faire 500, bien, OK, ciao, bye!» image Marc-Antoine Doré.

Selon le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail Stéphane Drouin, le fédéral doit travailler à ce que les prestataires de l’aide d’urgence réintègrent le marché du travail plutôt que de rester à la maison. 

Au cours de la semaine du 15 juin, le gouvernement a reçu près de 525 000 demandes de Prestation canadienne d’urgence et ce, malgré la reprise des activités dans la plupart des domaines au pays.

-Avec les informations de Pascale Robitaille