/news/society

Racisme: des policiers mécontents de la Fraternité

TVA Nouvelles

Des agents au sein du Service de police de la Ville de Montréal ont déploré les propos tenus par le président de la Fraternité des policiers qui avait affirmé qu’il n’y avait pas de racisme au sein du corps policier.

• À lire aussi: Yves Francoeur à la défense des policiers du SPVM

Questionné à savoir s’il croyait qu’il y avait un problème de racisme et de profilage racial au SPVM, Yves Francoeur avait répondu par la négative le 8 juin dernier.

«On parle d'un million d'interventions à Montréal par année, et on parle d'une moyenne de 15 ou 16 citations en déontologie policière, donc faut pas charrier», avait-il déclaré.

Ces propos ont dérangé certains membres. Assez pour que neuf policiers du SPVM, issus de minorités visibles, apposent leurs noms et leur numéro de matricule sur une lettre adressée directement au président de la Fraternité.

TVA Nouvelles a obtenu copie de cette lettre. Les policiers expriment d'abord leur «consternation» devant cette sortie de monsieur Francoeur.

«On a été surpris que vous ne croyiez pas qu'il y ait un problème de racisme systémique et de profilage racial au sein du SPVM», écrit-on.

«Le racisme n'épargne pas le SPVM. Fait d'une minorité, il jette le discrédit sur toute l'organisation», ajoutent les policiers.

Les neuf signataires soulignent que le SPVM, lui, «reconnait le caractère systémique du racisme».

Ils réclament que l’on reconnaisse le problème. «C'est le premier pas vers la solution; nous aimerions que la Fraternité se penche aussi sur la problématique», demande-t-on.

Rectifier le tir  

La Fraternité n'a eu d’autre choix que de clarifier et nuancer sa position. Deux jours après la réception de cette lettre, Yves Francoeur répond aux signataires.

La position de la Fraternité devant le racisme et le profilage dans les rangs du SPVM est cette fois-ci plus claire et nuancée.

«Vous avez raison, il existe malheureusement des individus ayant des attitudes racistes dans la police de Montréal. [...] Votre Fraternité en est consciente et le déplore», peut-on lire.

Yves Francoeur y explique aussi ses sorties médiatiques qui «étaient destinées à défendre la majorité de policiers et policières sur laquelle une petite minorité pratiquant le profilage racial jette le discrédit».

«La Fraternité représente des humains et j'ai défendu ceux et celles que l'on salit injustement», dit-il.

La Fraternité n'a pas souhaité accorder d'entrevue à la caméra samedi, mais souligne que sa réponse semble avoir été reçue positivement.

Dans la même catégorie