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Ses bijoux ont disparu après son décès en CHSLD

Nicolas Saillant | Le Journal de Montréal

La famille d’une femme décédée de la COVID-19 déplore que les bijoux portés en permanence par leur mère jusqu’à la toute fin soient maintenant introuvables et craint que ceux-ci aient été volés sur son lit de mort.

«Ce n’est pas la valeur en argent, c’est la valeur sentimentale», fait valoir l’une des filles de la défunte décédée le 28 mai de la COVID-19.

Hébergée au CHSLD Jardins du Haut Saint-Laurent depuis quelques années, Anik Leclerc a été emportée par la vague tardive qui a tué 32 résidents de ce centre d’hébergement de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Comme c’est la règle en période de pandémie, les filles de Mme Leclerc n’ont pu vider la chambre de leur mère.

Ce n’est que le 13 juin, veille des funérailles de la défunte de 90 ans, qu’elles sont allées chercher les «sacs de poubelle» contenant ses effets personnels.

Pas de bijoux  

En déballant les sacs, Francine et Nancy Paquet ont réalisé avec stupéfaction que les bijoux personnels de leur mère n’étaient pas là.

Sa chaîne de cou en or, son jonc et sa bague de mariage datant de 1947, le jonc de son défunt mari, une montre et deux bracelets avaient disparu. «J’avais le cœur assez gros», lance avec émotion Francine.

«C’est là que le jeu de ping-pong a commencé», raconte Nancy. Le CHSLD dit avoir fait des recherches, sans succès. Puis il a renvoyé la famille à la maison funéraire, qui n’avait pas plus de réponses.

Selon les sœurs, le CHSLD a donné beaucoup de versions pour expliquer la disparition, affirmant d’abord qu’il y avait peut-être eu un vol, puis qu’elle ne les avait plus sur elle à son décès. 

«Même si, dans les derniers temps, elle avait perdu beaucoup de sa personnalité, elle tenait à ses bijoux», rétorque Francine, qui a toujours vu sa mère avec ses bijoux.

Les sœurs affirment qu’elle avait toujours ses bijoux lors d’une vidéo FaceTime une semaine avant le décès. 

«C’est difficile à concevoir qu’il n’y a pas de protocole pour les effets personnels des personnes qui décèdent», plaide Nancy. «Ça nous fait de la peine», ajoute Francine. 

Plainte à la police 

Les sœurs ont encore de la difficulté à croire qu’il y a eu un vol. «Je ne veux pas accuser personne de vol parce que je trouve ça gros», dit Nancy, qui espère encore retrouver les bijoux.

Mais devant le manque de réponse, les Paquet ont déposé une plainte à la Sûreté du Québec, qui fait maintenant enquête.

La famille de Mme Leclerc veut aussi alerter les autres familles touchées par la COVID-19.

Appelée à commenter, la directrice du CHSLD Jardins du Haut Saint-Laurent, Nathalie Côté, n’a pas daigné rendre les appels du Journal.

Cette dernière a toutefois appelé Nancy Paquet après le coup de fil du Journal afin de l’informer que d’autres recherches seraient faites pour trouver les bijoux.