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Les églises forcées de refuser des gens à l’entrée

Étienne Paré | Agence QMI

Pour la première fois en plus de trois mois, les fidèles ont pu assister à la messe du dimanche, mais malheureusement, plusieurs ont dû être refusés à la porte, consignes sanitaires obligent.

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«Je ne comprends pas. Dans l'autobus, tout le monde est l'un par-dessus l'autre et ici on refuse des gens, même si l'église est vide», s'est emportée Maria Lemos, qui s'était mise sur son 36 pour renouer avec la basilique Marie-Reine-du-Monde, dans le centre-ville de Montréal.

Elle a plutôt été conduite au presbytère, où elle a pu regarder la célébration par vidéoconférence: rien de plus routinier pour cette catholique convaincue qui écoutait les messes de partout dans le monde sur Internet pendant le confinement.

Ce n’est pas de gaieté de cœur que les églises filtrent les fidèles à l’entrée. La santé publique limite à 50 le nombre de personnes lors des rassemblements intérieurs, quel qu’il soit.

Mais contrairement aux bars et aux restos, les lieux de culte auraient la capacité d’accueillir beaucoup plus de monde tout en respectant la distanciation sociale.

«On aurait dû avoir le droit à plus. Avec la distanciation, on aurait facilement pu monter à plus de 200 places ici. Aujourd’hui, on a dû refuser au moins 50 personnes à chaque messe», a déploré le curé Alain Vaillancourt alors qu’il gérait l’affluence sur le parvis de la basilique.

Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

Rituels bouleversés    

Marie-Reine-du-Monde, qui peut recevoir 1200 personnes en temps normal, a dû être un peu réaménagée. En plus des gardes de sécurité à l’entrée et des flèches au sol, un nouveau local sert de confesse, l’ancienne étant trop petite pour assurer un deux mètres d’écart entre le prêtre et le pêcheur.

Et ce n’est pas la seule tradition qui est chamboulée. Partout au Québec, les curés porteront dorénavant le masque le temps de la communion. Lors de l’eucharistie, il est également fortement conseillé aux croyants de présenter les mains plutôt que la langue pour prendre l’hostie.

Toujours pendant ce rituel, le curé ne boira plus dans la même coupe de vin que ses co-célébrants. Le Diocèse de Montréal a également fait savoir que les chants étaient évités le plus possible pendant les prêches, sachant que la COVID-19 se transmet par les microgouttelettes.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Lent déconfinement    

La plupart des paroisses en sont encore à prévoir tous ces ajustements. Dimanche, seule une infime partie des églises étaient ouvertes à Montréal.

«Ça demande beaucoup de logistique et il faut savoir que certaines paroisses ont peu de bénévoles, et que souvent, ils sont d’un certain âge. Il y en a qui disent que ça va être difficile d’ouvrir dans ces conditions-là. D’autres visent plutôt juillet», a expliqué l’abbé Jean-Chrysostome Zoloshi, secrétaire au bureau de l’archevêque du Diocèse.

L’homme d’Église n’était pas en mesure de dire dimanche quand les activités paroissiales, comme les formations en vue de première communion, allaient reprendre.

Les baptêmes, les mariages et les célébrations funéraires peuvent pour leur part avoir lieu dès maintenant, tout en se conformant aux mesures sanitaires.

Fermeture historique 

Dans la capitale nationale, la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec tenait aussi sa première messe dominicale depuis le début de la pandémie.

«Ça a jamais été aussi long une fermeture à la cathédrale depuis 1867», a souligné l’abbé Pierre Robitaille à TVA Nouvelles.

C’est dire donc comment les fidèles avaient hâte de renouer avec leurs habitudes. Mais là-bas aussi, ils devaient s’habituer à quelques changements.

«C’est l’effervescence, mais c’est aussi la prudence», a ajouté l’abbé Robitaille.

Par exemple, afin d’éviter la propagation du virus, il n’est plus possible de se tremper les mains dans l’eau bénite.

De plus, les croyants sont accueillis par des personnes en visière qui leur demandent de se laver les mains.

«Les gens sont placés à des endroits très précis. Ils sont amenés à leur place par des placiers. Il n’y a pas de rencontres de gens dans les allées. C’est très restrictif», a énuméré le bénévole Gilles Veilleux devant la caméra de TVA.

À Notre-Dame-de-Québec également, la règle des 50 personnes maximum a contrecarré les plans de certains croyants. Dimanche, ce n’est malheureusement pas tout le monde qui le voulait qui a pu assister à la messe.