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Un curé brise les règles de la santé publique

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Photo Annie T. Roussel

Jugeant que c’était sécuritaire et déçu par l’attitude du gouvernement à l’endroit de la communauté chrétienne, un curé de Québec a admis environ 150 personnes dans son église, dimanche matin.

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Dans plusieurs églises du Québec, les fidèles ont pu assister en personne, pour la première fois en plus de trois mois, à la messe du dimanche, mais à plusieurs endroits, l’entrée a dû être refusée à des croyants pour respecter les consignes sanitaires. 

Celles-ci proscrivent les rassemblements intérieurs de plus de 50 personnes, quels qu’ils soient.

Pourtant, environ 150 personnes ont pu entrer dans l’église Saints-Martyrs-Canadiens, dans le quartier Montcalm. L’abbé Pierre Gingras, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, précise que, dans les faits, il y avait « trois groupes de 50 personnes ». Ces groupes se trouvaient au même moment dans l’église, mais dans des sections différentes.

Pas gêné

« C’est une église qui contient 1000 places, alors c’est pour ça que ça ne me gêne pas trop, trop, puis je ne ferai pas d’entourloupettes pour empêcher les gens de venir à la messe le dimanche », affirme-t-il. 

Selon lui, « les gens ont été [...] très respectueux du deux mètres » et la distanciation sociale était plus facile à observer que dans certains centres d’achat.

Dans l’église de la rue Père-Marquette, seul un banc sur trois est accessible. Il faut se laver les mains pour entrer. Des bénévoles tiennent un registre des présences et attribuent les bancs. Après la cérémonie, l’église est nettoyée.

« Même à 150 personnes, on ne se touche pas, on ne se colle pas et on ne se parle pas. La plupart des gens étaient masqués et même nous, pour donner la communion, nous étions masqués, alors on a respecté tous les protocoles », soutient l’abbé Gingras, en entrevue avec Le Journal.

Mépris

Le curé ajoute qu’il n’a pas apprécié que les lieux de culte soient parmi les derniers endroits à être déconfinés. 

« On n’est pas plus bêtes parce qu’on est chrétiens, et d’avoir été traités [de façon] aussi méprisante par le gouvernement, [d’]être réduit au dernier dans la ligne, ça, ça m’énerve, parce que les 400 ans d’histoire qu’on a eus, c’est quand même l’Église qui les a faites », lance-t-il.