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Le trambus disparaît du réseau structurant

Stéphanie Martin | Journal de Québec

Photo courtoisie Ville de Québec

Avec l’explosion de 700 millions $ des coûts du tramway, la Ville de Québec a annoncé lundi qu’elle amputait son projet de réseau structurant de toute sa portion trambus; le réseau sera seulement constitué d’un tramway et de voies réservées pour des bus réguliers.

En décembre 2019, le réseau structurant comprenait 23 km de tramway, 15 km de trambus, 16 km de voies réservées, trois terminus et deux liens mécaniques entre la haute et la basse ville.  

Lundi, le bureau de projet a annoncé une série de modifications qui changent le visage du projet. On parle de 22 km de tramway, 34,9 km de voies réservées et deux terminus. «On a fait des choix pour continuer de livrer un réseau structurant, mais où le tramway coûte plus cher que ce qui était initialement prévu», a indiqué le directeur du bureau de projet, Daniel Genest.

Les coûts de la portion tramway ont bondi de 700 millions $. Le coût pour cette seule infrastructure est passé de 2,3 à 3,1 milliards $. Ces changements ont été faits lors de la phase de conception préliminaire.

«On a une meilleure compréhension des coûts et c’est le bon moment pour faire des choix judicieux», a expliqué M. Genest.

Ainsi, l’administration Labeaume fait une croix sur le choix du trambus, opéré par des bus biarticulés, qui devaient circuler sur une plateforme dédiée au centre de la chaussée, entre D’Estimauville et l’Université Laval et entre le pôle Saint-Roch et ExpoCité. Au lieu de cela, les parcours deviendront des métrobus réguliers, avec des bus articulés, qui circuleront en voie latérale. «Dans une plateforme dédiée trambus, il y a une priorité qui s’applique à cette plateforme qui donnent des temps de parcours plus courts», a indiqué M. Genest, qui explique que le choix du métrobus rallonge inévitablement le temps de parcours. Le directeur insiste pour dire qu’«il y a une bonification par rapport avec la situation actuelle.»

Économies

On épargne sur les travaux sur les infrastructures souterraines, qui ne sont plus requis, et sur les acquisitions immobilières, qui ne sont plus nécessaires puisque les bus seront intégrés dans l’emprise déjà existante. Grâce à ce changement, on économise 746 millions $.

Le bureau de projet assure que le véhicule trambus était trop capacitaire pour l’achalandage qui est estimé sur les lignes est-ouest et nord-sud qui étaient prévues au départ. Pour la desserte d’ExpoCité, on l’intégrera dans le nouveau parcours métrobus annoncé la semaine dernière entre Bastien et Saint-Roch.

On oublie donc le terminus qui devait être bâti à ExpoCité. Aussi, autre élément qui disparaît du projet, les deux liens mécaniques qui étaient prévus entre la haute et de basse ville à la hauteur de Joffre et Baillargé.

Élément déjà connu, on a confirmé le retrait de deux stations, à de l’Église et sur la colline parlementaire.

M. Genest et le bureau de projet estiment que les besoins en transport seront tout de même comblés, malgré ces retraits, et que le réseau demeure un réseau structurant.

Vers un tunnel court?

Pour réaliser ses calculs budgétaires, le bureau de projet du réseau structurant prend pour base les coûts d’un tunnel court de 2 km (sortant à l’intersection du boulevard René-Lévesque et de l’avenue Turnbull) et non pas ceux d’un tunnel long de 2,5 km (qui sortirait à l’intersection du boulevard René-Lévesque et de l’avenue des Érables).

On assure de nouveau que le budget global de 3,3 milliards$ sera respecté et on affirme qu’il en coûtera 358 millions$ par km pour le tunnel et 129,2 millions$ par km de surface. Pour pouvoir respecter ces paramètres, le tunnel devrait donc logiquement faire 2 km et non pas 2,5 km.

Daniel Genest a cependant assuré que le scénario d’un tunnel long n’est pas écarté et qu’il est possible que les coûts s’avèrent finalement moindres au fur et à mesure de l’avancement du mégaprojet. Le contexte de la pandémie sanitaire fait en sorte que les coûts baissent constamment pour les projets de la Ville, a-t-il mentionné.

Coûts d’exploitation

D’autre part, Luc Richard, chef d’exploitation du Réseau de transport de la Capitale (RTC), a indiqué que les coûts d’entretien et d’exploitation du réseau structurant seront supérieurs à ceux des bus actuels du RTC. Le coût annuel global d’exploitation du réseau structurant sera de 263,6 millions$, contre 220,2 millions$ pour le RTC selon les données de 2018 (en dollars constants).

Lorsqu’on ramène ce coût «par déplacement», on apprend toutefois que le coût pour le RTC est 6,92$. Il sera de 6,53$ lorsque le tramway sera en service.  

La vitesse commerciale du tramway sera finalement de 22km/heure en moyenne. Le tramway aura donc besoin de 60 minutes pour se rendre de terminus à terminus.

Avec la collaboration de Taïeb Moalla