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Quel métier est essentiel pour se sortir de la crise?

Taïeb Moalla | Le Journal de Montréal

Au lieu de se tourner vers la religion, les Québécois sont de plus en plus « terre à terre » dans ce contexte de pandémie. Ils font bien plus confiance aux professions liées au domaine de la santé qu’aux prêtres, selon un sondage Léger/Le Journal.

Question:  

En contexte de pandémie, quel(s) métier(s) jugez-vous les plus essentiels pour aider le Québec à sortir de la crise de la santé et de l’économie et revenir à une vie plus normale ?  

  • Infirmière 70 % 
  • Médecin 68 % 
  • Préposé aux bénéficiaires 57 % 
  • Ambulancier 47 % 
  • Pharmacien 45 % 
  • Policier 38 % 
  • Chercheur / scientifique 35 % 
  • Agriculteur 32 % 
  • Camionneur 32 % 
  • Enseignant 29 % 
  • Pompier 27 % 
  • Ouvrier de la construction 25 % 
  • Psychologue 23 % 
  • Préposé à l’entretien 21 % 
  • Éducateur en service de garde 21 % 
  • Travailleur social 19 % 
  • Livreur 18 % 
  • Éboueur 17 % 
  • Caissier 13 % 
  • Vendeur en commerce de détail 12 % 
  • Soldat 12 % 
  • Politicien 11 % 
  • Dentiste 11 % 
  • Cuisinier 11 % 
  • Concierge / Femme de ménage 10 % 
  • Mécanicien 10 % 
  • Journaliste 9 % 
  • Vétérinaire 9 % 
  • Électricien 9 % 
  • Ingénieur 8 % 
  • Intervenant communautaire 8 % 
  • Informaticien 7 % 
  • Chauffeur 7 % 
  • Agent de sécurité 6 % 
  • Gestionnaire 6 % 
  • Coiffeur 6 % 
  • Conseiller financier 5 % 
  • Serveur 5 % 
  • Programmeur 4 % 
  • Animateur de télévision / radio 4 % 
  • Comptable 3 % 
  • Artiste 3 % 
  • Contremaître 3 % 
  • Conseillers en ressources humaines 3 % 
  • Courtier immobilier 2 % 
  • Architecte 2 % 
  • Prêtre / Pasteur 2 % 
  • Avocat 2 % 
  • Gérant 2 % 
  • Juge 2 % 
  • Actuaire 2 % 
  • Notaire 2 % 
  • Webmestre / intégrateur Web 1 % 
  • Chiropraticien 1 % 
  • Consultant 1 % 
  • Commis de bureau 1 % 
  • Directeur 1 % 
  • Relationniste / gestionnaire de médias sociaux 1 % 
  • Coordonnateur 1 % 
  • Vendeur d’autos 1 % 
  • Courtier en assurances 1 % 
  • Publicitaire 1 % 
  • Réceptionniste / secrétaire 1 % 
  • Concepteur rédacteur 1 % 
  • Graphiste / designer 0 % 
  • Colporteur 0 % 
  • Représentant 0 %  

Les métiers de la santé en haut du palmarès

Les métiers de la santé figurent dans le TOP 5 des professions jugées essentielles. Les infirmières, toujours aussi populaires, arrivent au sommet de la liste. Jean-Marc Léger, président de la firme de sondages Léger, note également l’apparition des « préposés aux bénéficiaires » dans ce type de palmarès grâce à la médiatisation de ce métier au cours des derniers mois. « Sur les 10 premiers, on trouve pratiquement des métiers qui viennent en aide directement aux gens. Il y a juste les policiers qui viennent faire une incursion là-dedans de façon un peu surprenante », fait valoir le sondeur.

Les prêtres jugés inutiles

Tout aussi étonnant, le métier de prêtre/pasteur arrive en deuxième position dans la liste des professions les moins essentielles. « C’est assez particulier pour un peuple qui a été très religieux pendant de nombreuses années et qui l’est de moins en moins aujourd’hui. Le niveau de confiance envers le prêtre devrait être, en théorie, plus élevé quand on est en période de crise », convient M. Léger. Selon lui, « en situation de crise, ce n’est plus une question de foi. On revient à l’essentiel. C’est le gros bon sens québécois ». Notons toutefois que la défiance à l’égard de la prêtrise est nettement plus marquée chez les francophones (49 %) que chez les non-francophones (31 %). 

Des artistes mal-aimés

En tête de liste des métiers jugés moins utiles, on trouve celui de colporteur (50 % des sondés). Ensuite, il y a le prêtre/pasteur (45 %), le vendeur d’autos (41 %), le publicitaire (34 %) et l’artiste (30 %). « La surprise, ce sont les artistes. Les gens trouvent que c’est un métier secondaire. Un des facteurs pour expliquer ça est qu’on leur reproche souvent d’être à la solde de l’État », estime Jean-Marc Léger. D’après lui, « individuellement, les artistes sont aimés. Mais quand on regarde le groupe des artistes de façon générale, on juge souvent que ce sont des enfants gâtés ». Un récent sondage réalisé auprès de la population britannique met les artistes en tête de liste (71 %) des métiers jugés non essentiels. 

Les coiffeurs pas si essentiels

Durant les longues semaines de confinement, les réseaux sociaux grouillaient de messages dans lesquels les gens semblaient piaffer d’impatience à l’idée de retourner dans les salons de coiffure pour retrouver enfin leur coiffeur. Or, cette perception ne semble pas se traduire dans le sondage. À peine 6 % des répondants ont qualifié le métier de coiffeur d’essentiel. « On peut noter que les coiffeurs sont jugés essentiels par 8 % des femmes et par 4 % des hommes », a glissé M. Léger. 

Et les politiciens alors ?

Traditionnellement confinés aux derniers rangs, les politiciens semblent améliorer leur image auprès de la population. Ils occupent désormais la première moitié du tableau des métiers jugés essentiels. « Ils ne sont plus au dernier rang. Juste ça, c’est déjà beaucoup. La cote des politiciens a été redorée par cette crise. Le niveau de popularité des dirigeants en place est élevé partout au Canada et même dans le monde. Avant, ils se trouvaient toujours en queue de peloton avec les vendeurs d’autos. Maintenant, les vendeurs de voitures sont seuls », s’est amusé à dire le sondeur.


Méthodologie : Sondage Web Léger/Le Journal mené auprès de 1002 Québécois du 19 au 21 juin 2020. Sa marge d’erreur est de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.