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Rapatriement en Syrie: le Canada accusé de ne pas en faire assez

Agence QMI

Parlement canadien

Getty Images/iStockphoto

Le Canada est encore une fois accusé de ne pas en faire assez pour rapatrier pour ses ressortissants emprisonnés en Syrie dans des conditions exécrables pour avoir été en contact avec le groupe armé État islamique.

Selon l’organisme Human Rights Watch, des dizaines de Canadiens sont détenus illégalement depuis plus d’un an par les forces armées qui ont combattu le groupe terroriste sur le terrain jusqu’à sa défaite.

Leur nombre est estimé à 47, dont 26 enfants nés de parents soupçonnés d’avoir rejoint le jihad.

«La plupart des enfants ont moins de 6 ans, et parmi eux se trouve une orpheline de 5 ans», est-il écrit dans un résumé du rapport publié lundi par Human Right Watch.

Conditions difficiles

On y apprend que la plupart des détenus canadiens sont malades et traumatisés, que les camps sont tellement surpeuplés qu’ils doivent souvent dormir les uns sur les autres.

L’un d’eux affirme avoir été torturé par les Forces démocratiques syriennes (FDS), un groupe armé soutenu par les États-Unis dans la lutte contre le califat crée par le groupe État islamique.

Certains prétendent avoir combattu l’État islamique en réalité. L’une des 13 Canadiennes emprisonnées dit avoir été violée par ses ravisseurs islamistes, selon Human Right Watch.

Responsabilité du Canada

Rappelons que les forces kurdes, qui détiennent les prisonniers, ont déjà appelé les puissances étrangères à reprendre leurs ressortissants, n’ayant pas les capacités de les garder sur place.

Selon Human Rights Watch, la plupart des pays ont été beaucoup plus proactifs que le Canada.

«Abandonner ses citoyens à des détentions illimitées et illégales dans des camps et des prisons sales, surpeuplées et dangereuses n’améliore en rien la sécurité du Canada», a déploré par communiqué Letta Tayler, chercheuse senior à la division Crises et conflits de Human Rights Watch.

«Au contraire, cela peut avoir pour effet d’alimenter le désespoir et la radicalisation violente, et punit des enfants innocents pour des crimes qu’auraient commis leurs parents», a-t-elle poursuivi.

Selon l’organisme qui milite pour les droits de la personne, le Canada aura la responsabilité de réintégrer ces citoyens à leur retour. Il pourra aussi entamer des poursuites judiciaires contre ceux qui ont participé à des activités terroristes là-bas.

Affaires mondiales Canada se défend de se laver les mains de ses responsabilités. Le gouvernement fédéral indique plutôt que ses efforts de rapatriement sont plus compliqués dans ce cas-ci, comme il n’y a pas d’ambassade canadienne en Syrie.