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Technologies: les travailleurs déjà vulnérables les plus à risque

Agence QMI

Les emplois les moins qualifiés et les moins payés sont aussi ceux qui seront les plus transformés par les nouvelles technologies, a évalué une vaste étude pancanadienne publiée lundi.

Les chercheurs Marc Frenette et Kristyn Frank de Statistique Canada assurent qu’une nouvelle vague de robotisation et d’automatisation ne se traduira pas nécessairement par moins d’emplois.

Par contre, les salariés déjà vulnérables ont beaucoup plus de chance de devoir s’habituer à un nouvel environnement de travail à cause des technologies, peut-on déduire en observant la liste des secteurs qui seront les plus chamboulés.

Gros écarts entre secteurs

Les employés de bureau – les commis et les réceptionnistes, entre autres – sont de loin ceux qui seront les plus frappés par une éventuelle révolution technologique. Plus de 35 % d’entre eux vont devoir se faire à de nouvelles conditions de travail.

Le secteur des services suit avec environ 20 % de travailleurs vulnérables aux technologies. Cela comprend notamment les coiffeurs, les chefs cuisiniers, les bouchers ou encore les cordonniers.

Les ouvriers de la construction, du monde industriel et de l’électronique seront touchés à peu près à la même hauteur, évalue l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) qui a dirigé cette recherche.

D’un autre côté, les gens qui ouvrent dans le milieu juridique, dans le secteur financier, en éducation ou encore dans les sciences appliquées ne sont concernés par cette réalité que dans des proportions insignifiantes.

Rien de nouveau

Bref, ceux qui doivent appréhender l’autorisation sont ceux qui ont déjà vu leur gagne-pain changé dans les précédentes vagues de bouleversements technologiques.

«L’hypothèse voulant que les nouvelles technologies nuisent désormais aux travailleurs hautement qualifiés, jusqu’ici épargnés par l’automatisation, paraît sans fondement», a commenté Natalia Mishagina, directrice de recherche à l’IRPP, qui appelle les décideurs à prendre en compte ces données.

En tout, c’est un travailleur canadien sur dix qui est à fort risque que son emploi soit complètement renouvelé dans les prochaines années. On estime de plus que le risque est moyen pour un peu moins de 30 % des salariés au pays.

Or, moins de 4 % des travailleurs canadiens qui détiennent un diplôme d’études supérieures sont sérieusement concernés.