/news/currentevents

Un cafouillage a contribué au décès d'un coureur au Marathon de Montréal

Guillaume Pelletier | Agence QMI

Un cafouillage au niveau des communications et de l’organisation du marathon de Montréal a contribué au décès d'un jeune coureur de 24 ans en septembre dernier.

C’est ce qu’indique le rapport du coroner sur les circonstances entourant le décès de Patrick Neely, qui a rendu l'âme quelques heures après avoir subi un arrêt cardiorespiratoire lors du dernier kilomètre de l’épreuve du demi-marathon à laquelle il participait. Le document, rendu public lundi, révèle plusieurs ratés.

L’affaire avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque, puisque l’aide semblait avoir tardé à se rendre au coureur. Ce n’était pas le seul cafouillage de la journée: le marathon avait commencé avec 50 minutes de retard faute d’effectifs, tandis que le directeur de course avait démissionné quelques jours plus tard.

Fil des événements

À 9 h 51 le 22 septembre 2019, Patrick Neely s’est affaissé à proximité d’une agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Il était alors toujours conscient, mais peinait à parler.

Au fil des minutes qui ont suivi, son état s’est dégradé et l’agente a fait «au moins» trois demandes d’assistance, selon le rapport signé par la coroner Géhane Kamel.

«Lors de nos rencontres, nous apprenons qu’à 9 h 57, la demande d’affectation de l’ambulance a échoué», écrit la coroner.

Ce n'est qu'à 9 h 59 que le répartiteur est arrivé à assigner un transport ambulancier pour M. Neely. Les paramédics sont finalement arrivés à 10 h 03, deux minutes après les pompiers, qui se sont rendus sur les lieux après qu’un policier eût accouru à la caserne la plus près.

Les ambulanciers étaient pourtant positionnés très près du coureur. Ils n’étaient toutefois pas à bord de leur véhicule, mais plutôt dans la clinique médicale mobile, comme demandé par les organisateurs du marathon.

L’équipe médicale du marathon a ensuite avisé le CHUM qu’une personne en arrêt cardiorespiratoire était en route vers l’hôpital alors que ce n’était pas le cas; le coureur a été amené à l’hôpital Notre-Dame.

M. Nelly était un jeune sportif en bonne forme physique et avait une tolérance à l’effort nettement supérieure à la moyenne pour son âge. Il n’avait aucune contre-indication à l’exercice physique, même s’il était suivi annuellement pour une maladie aortique modérée et stable depuis des années.

La coroner Kamel croit qu’une administration rapide du défibrillateur «aurait pu contribuer à lui sauver la vie» et formule plusieurs recommandations dans son rapport :

- Urgences-santé devrait s’assurer de connaître la position de ses véhicules et de son personnel lorsqu’elle a des engagements contractuels avec des promoteurs;

- Le ministère de la Santé devrait diriger les patients en arrêt cardiorespiratoire vers un centre hospitalier offrant des services en hémodynamie plutôt que vers le centre hospitalier le plus près;

- Le SPVM devrait se doter d’un plan de formation et de requalification en réanimation cardiorespiratoire, obligatoire pour l’ensemble des patrouilleurs;

- La Ville de Montréal devrait s’assurer que les infrastructures médicales et organisationnelles sont conformes aux normes pour tous les événements.

Dans la même catégorie