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Un cri du cœur entendu par le cabinet Carmant

Arnaud Koenig-Soutière | Journal de Québec

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Conscient de la santé financière « précaire » des ateliers socioprofessionnels de l’organisme Laura Lémerveil, le cabinet du ministre Lionel Carmant assure que les familles qui profitent de ce répit pour leur enfant polyhandicapé ne seront pas laissées pour compte malgré la menace de fermeture.

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La ressource, qui fait partie d’un éventail d’offres de Laura Lémerveil, a menacé de cesser ses activités d’ici le 3 juillet si Québec ne s’engageait pas à assumer la moitié des coûts. 

Le Journal publiait lundi les doléances émises par les parents d’Annie-Claude, 27 ans, atteinte d’une trisomie partielle du chromosome 4. Victor Boudreault et Marie-Claude Desmeules se disaient fort inquiets face à l’éventuelle fermeture de cette ressource, sans laquelle leur quotidien prend l’allure d’une « prison ».  

Québec contribue déjà à ce programme par l’entremise du CIUSSS, dont un versement unique de 107 000 $ qui a été fait en février dernier pour aider l’organisme à boucler son année. 

Or, le manque à gagner pour que la contribution publique atteigne 50 % chaque année est de 135 000 $, évalue l’organisme. Ses administrateurs ont interpellé le nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, le jour de son assermentation, lundi dernier, lui faisant miroiter un « bon dossier à régler en début de mandat ».

La réponse est plutôt venue du cabinet du ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, lundi. « C’est certain qu’on ne laissera pas tomber les parents », assure Marie Barrette, directrice des communications au bureau de M. Carmant.

Gestion

Il n’y a « aucun doute » que les ateliers socioprofessionnels offrent un « apport essentiel », reconnaît Mme Barrette. Mais au-delà de la reconnaissance, encore faut-il que la « gestion financière » soit adéquate, pointe-t-elle. 

Si l’entourage du ministre délégué souhaite aussi dénouer le problème d’ici au 3 juillet, le ministère de la Santé doit avant prendre le temps d’analyser l’« état de situation » au sein de l’organisme.

« Il faut voir où se situe le problème. [...] On ne peut pas toujours se permettre de les renflouer à force qu’ils font des déficits. C’est une question d’équité avec les autres organismes qui œuvrent dans le même secteur », justifie la directrice des communications de M. Carmant, qui assure être en contact « quasi quotidien » avec des représentants de l’organisme.

Les seuls

La directrice générale et fondatrice de Laura Lémerveil, Sandra Lambert, s’est dite « heureuse » des motivations énoncées par Québec. Elle précise toutefois que les ateliers socioprofessionnels « sont les seuls, sous ce modèle, à s’adresser aux adultes polyhandicapés de plus de 23 ans dans la région ».

En tout, ils sont une cinquantaine de familles à compter sur les « Ateliers des artisans » pour s’offrir quelques journées de répit par semaine. La ressource, qui a fermé ses portes temporairement en raison de la pandémie, a recommencé progressivement ses activités depuis deux semaines.

Mme Lambert a par ailleurs réitéré sa volonté à trouver une « solution pérenne » en travaillant « de pair » avec le gouvernement.

LES ATELIERS SOCIOPROFESSIONNELS DE LAURA LÉMERVEIL 

  • Lancé en 2015 
  • Offert à des personnes polyhandicapées de plus de 23 ans 
  • Donne un répit à environ 50 familles d’adultes lourdement handicapés 
  • 135 000 $ de manque à gagner récurrent, estime l’organisme