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Un défi de taille pour les déménageurs cette année

Roxane Trudel | Le Journal de Montréal

GEN-DEMENAGEUR-COVID-19

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Les mesures sanitaires mises en place pendant la pandémie de COVID-19 ne sont pas adaptées à la profession des déménageurs, qui auront beaucoup de difficulté à respecter les recommandations de la santé publique, soutiennent-ils. 

« Ce n’est pas possible d’utiliser les masques et les gants pour des raisons de sécurité. Les gants risquent de glisser, les masques dérangent la respiration pendant l’effort [...] La sueur coule en dessous. C’est pas vrai qu’en pleine canicule, ça va protéger des gouttelettes », indique Matthew Gaines de déménagement Myette, basé à Montréal. 

Cette année, la grande valse du 1er juillet viendra avec son lot de défis supplémentaires, croient plusieurs déménageurs qui doutent d’être en mesure de respecter ne serait-ce que la distanciation sociale. 

« Lorsqu’il va y avoir plusieurs déménagements simultanés dans un même bloc, ça risque de poser des difficultés de temps. Avant, c’était facile de se coller et passer à côté de l’autre dans le couloir, mais pour respecter le deux mètres ça risque d’être plus compliqué », ajoute M. Gaines.

Un seul client sur place

D’ailleurs, des compagnies exigent qu’il n’y ait qu’un seul client sur place, pour accueillir les déménageurs. 

« Le client gagne dans cette situation. C’est beaucoup plus rapide puisqu’il n’y a personne pour ralentir le déménagement. Quand on envoie trois hommes et un camion, c’est que c’est la vitesse maximale. Si ça allait plus vite à quatre hommes, on en enverrait quatre », explique Pierre-Olivier Cyr, propriétaire de l’entreprise Déménagement Le Clan Panneton. 

Au moins, les déménageurs ne devront pas enfiler une nouvelle combinaison de protection à chaque entrée comme dans les CHSLD. 

« Quand on déménage, combien de fois est-ce qu’on peut entrer et sortir d’un appartement ? À chaque fois qu’on sortait avec deux boîtes dans les mains, il fallait se changer », relate Stéphane St-Germain, répartiteur chez déménagement Excel Plus.

Un vrai casse-tête

Si les déménagements se font beaucoup plus rapidement en dehors de l’île de Montréal en raison de la fluidité de circulation engendrée par le télétravail, les nouveaux corridors sanitaires sur les gros boulevards de la métropole ajoutent au casse-tête.

« À Montréal, avec les rues bloquées à cause des travaux et des rues piétonnières, en plus des corridors sanitaires, c’est l’enfer. Ils sont placés souvent dans des boulevards très achalandés, et c’est par là que doivent passer les camions. Il n’est pas rare qu’on doive se stationner cinq rues plus loin », illustre pour sa part M. Cyr. 

Questionnée à ce sujet, la Ville de Montréal a évité de répondre sur la question des corridors sanitaires.