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Air Canada suspend indéfiniment plusieurs liaisons au Québec

Agence QMI

En raison des restrictions de voyage liées à la COVID-19 et afin de préserver sa trésorerie, Air Canada suspend plusieurs liaisons régionales au Québec, notamment vers Val-d’Or, Gaspé et Baie-Comeau.

Le plus gros transporteur aérien au pays suspend pour une durée indéterminée 30 dessertes régionales intérieures en plus d’abolir huit escales partout au pays.

Au Québec, les liaisons Baie-Comeau-Montréal, Baie-Comeau-Mont-Joli, Gaspé-Les Îles-de-la-Madeleine, Gaspé-Québec, Sept-Îles-Québec, Val-d'Or-Montréal, Mont-Joli-Montréal et Rouyn-Noranda-Val-d'Or sont suspendues.

Air Canada met définitivement fin à la desserte de plusieurs aéroports régionaux au Québec, dont ceux de Baie-Comeau, Mont-Joli, Gaspé, Val-d'Or et Rouyn-Noranda.

De plus, la liaison entre Montréal et Windsor en Ontario est aussi suspendue indéfiniment.

Le transporteur aérien entend désormais se consacrer uniquement aux aéroports de Montréal Québec, Sept-Îles, Bagotville et les Îles-de-la-Madeleine.

Dans l’Est-du Québec, les réactions n’ont pas tardé, notamment du côté de l’aéroport régional de Mont-Joli. Tout en étant déçue, la direction de l’aéroport n’est pas pour autant surprise de cette décision d’Air Canada.

«C'est sans surprise. On voyait depuis plusieurs années qu'Air Canada, au niveau de son modèle d'affaires, les régions n'étaient plus sa priorité», a expliqué Chantal Duchesne de l'Aéroport Régional de Mont-Joli en entrevue avec TVA Nouvelles.

«C'est sans grande surprise, mais avec une très grande déception», a ajouté Mme Duchesne.

«Faiblesse constante de la demande»     

Air Canada a expliqué par communiqué mardi que ces réductions de services sont le résultat d’une «faiblesse constante de la demande tant dans le marché d'affaires que dans celui du loisir, conséquence de la COVID-19, des restrictions de voyage fédérales et provinciales et des fermetures de frontières, qui réduisent les perspectives de reprise à court et à moyen terme».

La compagnie aérienne a réitéré que le rétablissement du transport aérien prendra au moins trois ans.

Afin de préserver ses liquidités, l’entreprise compte aussi réévaluer son réseau et ses horaires, et même peut-être sabrer d’autres liaisons, pour réduire ses coûts.

Air Canada a perdu 1,05 milliard $ au premier trimestre de 2020. Elle a donc réduit de moitié son personnel, soit 20 000 employés, avec des mises à pied, des départs, des retraites anticipées et des congés spéciaux.

La compagnie a affirmé que son programme de compression des coûts et la réduction des dépenses lui ont fait économiser environ 1,1 milliard $.

L’Union des municipalités du Québec déçue 

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a mal accueilli cette décision qu’elle qualifie de «mauvaise nouvelle pour la relance de l’industrie touristique».

L’UMQ soutient que la fin de ces liaisons va nuire aux efforts pour relancer l’économie.

«Nos aéroports régionaux sont des outils précieux de développement économique. Si les avions n’y atterrissent plus, c’est la vitalité de nos régions qui en paye le prix », a soutenu la présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, par communiqué.

L’UMQ souligne qu’il faut repenser le transport aérien en région.

« Le quasi-monopole des liaisons aériennes régionales génère aujourd’hui un enclavement partiel de nos régions. Par exemple, pour rejoindre Gaspé de Montréal ou de Québec, la seule possibilité est de prendre la route pendant plus de 10 heures. Il n’y a aucune autre possibilité. Le retrait d’Air Canada est l’occasion de revoir nos façons de faire en matière de transport aérien régional, et cela, avec tous les acteurs du milieu», a affirmé Daniel Côté, premier vice-président de l’UMQ, président du Comité sur le transport aérien de l’Union et maire de Gaspé.

De son côté, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) demande que le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, intervienne d’urgence pour empêcher Air Canada de mettre fin à ces liaisons.

La FQM déplore qu’Air Canada mette l’accent sur certains marchés plus lucratifs au détriment des régions.

«Ces régions ont besoin de services aériens pour leur économie et tout devrait être mis en œuvre pour au moins conserver leurs acquis», a dit Jacques Demers, président de la FQM, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog, par communiqué.

- Avec la collaboration de Gilles Turmel, TVA Nouvelles