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Un jeune papa meurt d’une crise cardiaque après avoir été refusé au CLSC

Erika Aubin | Le Journal de Montréal

Pier-Marc Vadnais avec ses enfants Benjamin et Magaly. L’homme est décédé après qu’on lui eut refusé une consultation au CLSC du Richelieu pour une douleur à la poitrine.

Photo courtoisie

Pier-Marc Vadnais avec ses enfants Benjamin et Magaly. L’homme est décédé après qu’on lui eut refusé une consultation au CLSC du Richelieu pour une douleur à la poitrine.

En route vers l’hôpital de Saint-Hyacinthe, un père de famille serait décédé d’une crise cardiaque au volant de sa voiture après s’être fait refuser l’accès à un CLSC.

Pier-Marc Vadnais, 33 ans, travaillait sur un chantier de construction à Carignan, le 10 juin, lorsqu’il a ressenti un malaise. 

« Il était arrivé en souriant, comme à tous les matins, raconte son contremaître, Richard Ouellette. Il a commencé à me dire qu’il ne se sentait pas bien vers 8h20. Il s’est flatté le haut du corps et pensait que c’était une crise d’angoisse. Il en a déjà fait par le passé. Comme on faisait une toiture, je lui ai dit qu’il pouvait prendre la journée ».

M. Vadnais, qui résidait à Saint-Eugène-de-Grantham, au Centre-du-Québec, a averti son patron qu’il allait au CLSC du Richelieu, à quelques minutes du chantier.

CLSC du Richelieu

Photo Pierre-Paul Poulin

« Il m’a rappelé vers 9 h 15 pour me dire que le CSLC ne voulait pas le prendre, car il n’avait pas de dossier, là. Il est parti vers l’hôpital le plus proche, celui à Saint-Hyacinthe », souligne M. Ouellette. 

Après s’être fait refuser une consultation au CLSC du Richelieu, Pier-Marc Vadnais a également téléphoné à sa conjointe. 

« Il m’a appelé pour me raconter qu’il ne se sentait pas bien, mais que le CLSC l’avait viré de bord, car il ne prenait pas de nouvelles personnes. Il avait mal à la poitrine, mais il m’a dit qu’il était capable de conduire jusqu’à l’hôpital », rapporte Véronique Bonin, en ajoutant que son conjoint était asthmatique, mais qu’il n’avait pas d’autres problèmes de santé.

35 minutes de route  

Le temps de route entre le CLSC du Richelieu et l’hôpital maskoutain est de plus de 35 minutes. 

Sur le chemin des Patriotes, à Saint-Mathias-sur-Richelieu, Pier-Marc Vadnais a effectué une sortie de route, confirme la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent. 

« Je lui ai téléphoné vers 9 h 45 et c’est un policier qui m’a répondu. Il a tenté de réanimer Pier-Marc, mais il a dû être transporté en ambulance à l’hôpital de Saint-Hyacinthe », raconte Mme Bonin. 

Crise cardiaque  

À son arrivée aux urgences, Véronique Bonin a trouvé son conjoint sans vie.

Selon elle, l’autopsie précise qu’il serait décédé d’une crise cardiaque. Le bureau du coroner, qui n’a pas rendu l’appel du Journal, a ouvert une enquête sur les causes et circonstances entourant son décès.

Véronique Bonin s’explique mal comment le CLSC du Richelieu a pu lui refuser l’accès. 

« Ça me fatigue que le CLSC n’ait rien fait. Il aurait simplement pu le garder... Ça n’aurait peut-être pas sauvé mon amour, mais il aurait au moins été en sécurité avec quelqu’un. »  

Le CISSS de la Montérégie-Centre confirme qu’un homme aurait eu un malaise cardiaque après avoir tenté de voir un médecin au GMF et quitté les lieux.

« Il s’est présenté en demandant à voir un médecin pour une douleur musculaire qu’il croyait être causée par la réalisation de travaux effectués. Rien ne laissait présager une autre problématique à ce moment », explique Martine Lesage, conseillère-cadre aux relations avec les médias.

En plus de sa conjointe, Pier-Marc Vadnais laisse dans le deuil ses deux enfants : Benjamin, 10 ans, et Magaly, 7 ans.

« C’était un très bon père. Il était coach au hockey et toujours prêt à aider les autres. Il aimait la vie et sa famille », laisse tomber sa conjointe des 17 dernières années.

Nicole Pétrin, la mère de Pier-Marc Vadnais, est particulièrement dévastée pour ses deux petits-enfants, qui ont perdu leur père. 

« Il adorait sa famille », souffle-t-elle.