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Les grandes villes canadiennes peu enclines à réduire le budget de leur police

Agence QMI

Pascal Girard/AGENCE QMI

Contrairement à plusieurs grandes villes américaines qui ont décidé de sabrer le budget de leurs corps de police, les grandes villes canadiennes se gardent de franchir ce pas.

Le conseil de Ville de New York est devenu le plus récent sur la liste à amputer le budget de sa police, mercredi, en coupant environ 1 milliard $ US sur un budget opérationnel d'environ 6 milliards $ US. Cette décision a été prise dans la foulée de la mort de l'Afro-Américain George Floyd aux mains d'un policier blanc de Minneapolis et des manifestations qui ont suivi.

À Minneapolis, les élus avaient fait grand bruit en annonçant le démantèlement du corps de police, tandis que plusieurs autres grandes villes, comme Los Angeles, ont décidé de transférer des sommes destinées à la police à des groupes communautaires.

Coupes timides

Au Canada aussi, plusieurs groupes ont réclamé que les grandes villes canadiennes revoient le budget de leur corps policier pour réinvestir une partie de ces sommes dans des programmes sociaux et d'aide aux minorités.

Cependant, les votes tenus à ce jour au pays se concluent, la plupart du temps, par des coupes mineures comparativement aux États-Unis. Dernier en date à avoir étudié la question, le conseil de Ville d'Edmonton a rejeté l'idée de geler le budget de son corps policier, mardi, ce qui aurait nécessité une diminution du budget de 16 millions $.

À la place, les élus ont opté pour réallouer 11 millions $ sur deux ans à des programmes communautaires.

«Je crois que ce montant de 11 millions sera substantiel, mais je suis déçu qu'il ait été réduit par rapport à ce qui avait été présenté au public», a commenté le maire Don Iveson après le vote sur le désinvestissement, qu'il appuyait.

La veille, le conseil de Ville de Toronto a lui aussi rejeté une motion proposant de sabrer 10 % du budget annuel de la police. Cependant, diverses réformes ont été adoptées, notamment pour équiper tous les policiers de caméras portatives dès le 1er janvier 2021 et pour créer une équipe non policière qui serait appelée à intervenir dans certains cas, par exemple pour un individu non armé souffrant de troubles mentaux.

À Halifax, le conseil de Ville a décidé, au début du mois de juin, de renoncer à l'achat d'un véhicule blindé pour son corps policier, préférant réinvestir quelque 400 000 $ dans des initiatives de lutte contre le racisme.

Dans certains cas, les villes ont même du mal à faire respecter leur décision. Par exemple, à Vancouver, la police s'oppose à une réduction de 1 % de son budget adopté à la mi-mai, qu'elle juge contraire à la Loi sur la police de la province.

Du côté de Montréal, aucun vote sur le sujet n'a encore été tenu. Cependant, la mairesse Valérie Plante avait soutenu, en juin, qu'il est nécessaire d'avoir une «grande conversation» sur d'éventuelles réformes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Quelques jours auparavant, une multitude de courriels avaient été envoyés aux élus montréalais par des citoyens qui dénonçaient le «financement du profilage racial et de l’utilisation de la force excessive» sous la forme du budget du SPVM.

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