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Tout un défi, déménager en pleine pandémie

TVA Nouvelles

C’est jour de déménagement un peu partout au Québec, mercredi, mais la pandémie, combinée à une pénurie de logements, complique les choses cette année.

Car la pandémie de COVID-19 n’a pas fait baisser le nombre de déménagements en cette période estivale. Au contraire, après une certaine pause au cours des mois de mars et avril, l’activité a repris de plus belle depuis quelques semaines, affirme le propriétaire de Déménagement Le Clan Panneton, Pierre-Olivier Cyr.

«Étonnamment, c’est la même chose que l’année passée et des autres avant, note-t-il. Mais d’habitude, notre période de pointe se termine entre le 15 juin et le 15 juillet, mais là on voit un étalement qui va jusqu’à la fin août, début septembre.»

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Pandémie oblige, plusieurs mesures sanitaires doivent également être prises par les déménageurs qui sont embauchés. Le Clan Panneton demande qu’une seule personne soit présente afin de limiter les interactions entre les déménageurs et les clients.

Ceux qui préfèrent faire appel à des amis ou à la famille doivent aussi appliquer des mesures sanitaires comme un nettoyage exhaustif des surfaces et un nombre de participants réduits.

«Normalement j’aurais invité de sept à huit personnes, mais aujourd’hui, je suis obligé de me limiter à trois personnes par mesure de sécurité», explique un locataire rencontré du côté de Trois-Rivières, où de nombreux étudiants ont plié bagage cette année.

C’est que plusieurs d’entre eux ont vu leur session être écourtée en raison de la pandémie de COVID-19. D’autres, dont les cours seront donnés à distance la session prochaine, n’ont pas besoin d’un logement à court terme près du cégep ou de l’université.

Dans certains édifices à logements prisés des étudiants, TVA Nouvelles a pu observer jusqu’à cinq déménagements simultanés. De quoi compliquer les déplacements dans les corridors de l’immeuble.

«On fait notre possible, on va vraiment bien nettoyer l’appartement pour être certains de ne pas être contaminés une fois là-bas, mais ce n’est pas si évident que ça», admet l’une de ces étudiantes en plein déménagement.

Animaux abandonnés 

Le 1er juillet est aussi synonyme d’animaux abandonnés pour toutes sortes de raisons par des locataires. Cette année ne fait pas exception : la SPCA de Montréal est encore une fois bombardée d’appels de propriétaires incapables de continuer à prendre soin de leur petite bête.

«Cette année, c’est particulier parce qu’il y a plusieurs personnes qui ont perdu leur emploi et le taux d’inoccupation est particulièrement bas dans la région de Montréal. Ce qu’on semble avoir, ce sont des gens qui ne s’attendaient pas à se retrouver dans cette situation-là», explique la directrice générale de la SPCA de Montréal, Élise Desaulniers.

Le taux d’inoccupation à Montréal oscille autour de 1,4 %, du jamais vu. Cette situation pousse le prix des loyers à la hausse et force certains propriétaires qui n’ont pas trouvé de logements accueillant des animaux à se tourner vers les refuges.

«C’est souvent une décision crève-cœur. Ces gens-là sont littéralement en larmes», souligne Mme Desaulniers.

Contrecoups pour les propriétaires 

La situation exceptionnelle de cette année entraîne également des complications pour des propriétaires alors que certains locataires, n’ayant pas réussi à se trouver un nouveau logement, refusent de déménager malgré la fin du bail.

D’après un sondage réalisé par la CORPIQ, 5 % des propriétaires ont été prévenus par au moins un locataire qu’il refusera de déménager.

«Des propriétaires inquiets nous ont même informés qu'ils conservaient des logements vacants à titre préventif plutôt que de les relouer, puisqu'ils s'attendent à en avoir besoin pour loger temporairement de nouveaux locataires qui ne pourront pas prendre possession de leur logement en raison d'un occupant sans droit», explique le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette.

S’il est habituellement assez rapide pour un propriétaire d’obtenir d’urgence une ordonnance d’expulsion de la Régie du logement, la pandémie a entraîné des délais importants dans le traitement des demandes de la sorte.

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